Dans l’esprit de beaucoup,
le croyant est souvent un(e) énergumène accroché(e)
à son texte fondateur, glapissant :
« Puisque la Bible le dit, c’est que c’est vrai ».
Une image parfois justifiée et bien commode puisqu’elle conforte
certains athées militants dans leur complexe de supériorité
(moi au moins, je réfléchis)
Mais la citation qui suit , attribuée à Einstein
« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme
n’aurait plus que quatre années à vivre »
montre que les croyants ne sont pas seuls
à avoir ce réflexe de référence à une autorité suprême.
Ici, ce n’est pas un texte fondateur mais un génie scientifique reconnu :
Einstein devient symbole de l’intelligence humaine,
une intelligence que l’on voudrait omnisciente et infaillible.
Alors, tant pis si Einstein n’a
aucune compétence particulière en apiculture ;
et tant pis si Einstein n’a jamais rien dit de tel…
Tout ce qui compte, c’est qu’une autorité irréfutable
vienne appuyer nos propos sans que nous ayons à les justifier
par nous-même.
C’est peut-être aussi que nous soyons rassurés :
l’équation de l’univers trouve sa réponse pour certains esprits supérieur :
« je ne sais pas tout mais heureusement, il y a des génies
pour m’assurer que cet univers
a un sens et une logique »…
Il semblerait bien que les croyants n’aient pas le monopole
de la paresse intellectuelle…
Mais cette anecdote des abeilles d’Einstein est aussi l’occasion
pour nous croyants,
de nous rappeler que si nous reconnaissons une autorité à la Bible,
cela ne nous exempte pas d’un certain esprit critique.
En effet, pour nous aussi, les deux principes s’appliquent.
Principe n°1 :
pas plus qu'Einstein n'est entomologiste, la Bible
n’est un livre de science ni d’histoire.
Dans ces domaines, elle ne prétend pas répondre aux questions
du scientifique ou de l’historien
ce n'est pas le but
de Dieu
Principe n°2 ;
avant de dire « c’est écrit dans la Bible »,
il vaut souvent mieux vérifier que c’est bien le cas.
Cela veut dire bien sûr allez vérifier qu’une affirmation
se trouve bien dans la Bible mais cela sous-entend aussi
qu’il y a toujours un travail d’interprétation :
ne pas sortir un verset de son contexte (textuel et culturel),
se demander si notre compréhension est vraiment valable,
se rappeler que mon interprétation n’est sans doute pas
la seule et me demander
ce qui la justifie…
Bref, pas plus qu’Einstein,
la Bible ne me dédouane d’une réflexion personnelle.
Mais, sans doute bien plus qu’Einstein, elle stimule ma réflexion
tout en m’appelant à un peu d’humilité.
Quand je cite la Bible est-ce pour justifier mon point de vue,
ou bien pour interroger
celui-ci ?
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