Certains passages
bibliques évoquant la prescience
divine l'affirment.
Parmi d'autres, citons le Psaume 139,15-16 :
“ ... Mon corps ne t'était pas caché lorsque j'ai été fait en secret, ... / ... tes yeux me voyaient ; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui furent façonnés, avant qu'aucun d'eux n'existe. ...”
l'Apocalypse
qui mentionne à plusieurs reprises
un mystérieux livre sur lequel le sort final de chacun semble écrit
“depuis la fondation du monde”
Ap : 8
Et tous ceux qui demeurent sur la terre l’adoreront, ceux dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie de l’Agneau qui a été tué dès la fondation du monde.
Mais si Dieu sait tout d'avance, est-ce que cela signifie que “tout est écrit”,
que c'est le fatum, le destin, un déterminisme absolu
selon lequel il n'y a plus qu'à accepter ce qui vient ou tenter,
inquiet, de le deviner.
Mais à quoi bon, puisque rien ne pourra changer le décret divin ?
Que reste-t-il de ma liberté ?
De ma responsabilité ?
Pourtant, d'autres textes bibliques
semblent suggérer que ce n'est pas là le seul regard porté : :
par la Bible sur l'histoire humaine.
Genèse 6,6 :
“... Le Seigneur regretta d'avoir fait les humains sur la terre,
et son coeur fut affligé ...”
Si Dieu savait tout d'avance,
alors pourquoi se fâcherait-il contre l'humanité d'avant le Déluge ?
Pourquoi aurait-il laissé le choix à Adam et Eve de manger le fruit défendu ?
Dieu savait-il, comme Jonas prétend l'avoir toujours su, qu'il reviendrait
sur sa décision de détruire Ninive
(Jonas 4,2) ?
Savoir et savoirs
Sans doute sommes-nous devant un paradoxe
ou une question mal posée, probablement les deux à la fois.
Qu'entendons-nous par “savoir d'avance” ?
Soumettons-nous Dieu à notre vision du temps ?
Un temps étalonné, un temps qui passe, un temps fait d'un présent éphémère
tendu entre le passé qui n'est plus et un futur qui n'est pas encore.
Si la question traduit un souci bien réel, la façon
dont elle est posée est inadéquate.
Ou plutôt ce sont les différentes réponses à cette question qui peuvent
être reçues de façon simpliste.
En effet, tout discours ”sur” Dieu pris à la lettre
conduit à des impasses.
Et en particulier les métaphores anthropomorphiques.
‘Savoir’, nous savons ce que cela peut signifier pour un humain, et encore ...
parlons-nous d'un savoir objectif, vérifiable ou d'un savoir subjectif, affectif ?
La connaissance humaine est tout entière le fruit de l'expérimentation.
Ce que nous appelons le savoir divin
est-il de même nature ?
Des affirmations à vivre
Plutôt que de considérer ces affirmations comme un
savoir objectif “sur” Dieu,
examinons les en fonction du contexte de communication
dans lequel elles apparaissent,
un évangile de liberté
• Si “Dieu sait tout d'avance”,
cela signifie d'abord que je suis connu ;
mon histoire, ma vie ne sont pas livrées au chaos ou à l'insignifiance,
elles sont entre les mains d'un Dieu d'amour qui me guide.
Je suis fondé, précédé, attendu.
Mais , en même temps
Il me laisse écrire mon histoire, faire mes choix et mes erreurs.
L'avenir est ouvert. Dieu m'appelle et m'attend.
Que ferai je de ma liberté ?
Pour résumer cela en une formule
on pourrait dire, que la Bible nous met en présence d'un Dieu
qui sait d'un savoir qui
ne fige rien.
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