Il
est évident
que le point d'interrogation
n'existait pas à l'époque où les évangiles
ont été rédigés. N'empêche que nous pouvons
les lire comme une belle collection de questions.
Selon ces écrits, tout le monde en pose, les
disciples, les autres, et, bien sûr Jésus.
Quelques exemples de ce
questionnement,
pêle-mêle :
"Lequel
est
le plus
aisé, de dire
au paralytique : tes
pèchés sont pardonnés, ou
de dire : Lève toi et marche ?
Pourquoi mange-t-il avec
les publicains et les gens
de mauvaise
vie ?
Les
amis de
l'époux peuvent
ils jeûner pendant
que l'époux
est avec
eux ?
N'
avez
vous jamais
lu ce que fit David ?
Est-il permis, le jour du sabbat...?
Comment Satan peut-il chasser Satan ?
Que sert-il à l'homme de gagner
le monde entier ?
Qui est ma
mère et
qui
sont
mes frères ?
Pourquoi avez-vous ainsi peur ?
Quel est ton nom ? Veux-tu être sauvé ?
Pourquoi tes disciples ne suivent pas
la tradition des anciens ?
Où ira-t-il, que nous ne
le trouverons-pas ?
Pourquoi
est-il écrit du
Fils de l'Homme
qu'il doit souffrir beaucoup
et être méprisé ?
Liste non
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L'un
des exemples
les plus significatifs
est la question posée par
Jésus lui-même à ses disciples.
"Qui dites-vous que je suis ?" (Marc8,29).
Elle est si importante que l'évangile
de Marc la place exactement au
milieu de son texte, comme
une charnière, ou
un pivot
. Elle
aboutit
à une multiplicité
de réponses, d'interprétations,
voire à des divergences : il est Jean-
Baptiste ressuscité, Elie ou l'un des prophétes
revenu en vie, ou bien le Messie qui doit venir.
Une autre interprétation est fournie
par Jésus lui-même : il est le Fils
de l'Homme, dont le destin est
de "monter" à Jérusalem,
pour y être rejeté,
souffrir, être
exécuté et
ressusciter.
Quand
on analyse
les situations
rapportées par l'Evangile,
on se rend d'ailleurs compte que
c'est à partir de ces questions que l'affaire
avance et se joue. C'est à partir d'elles que
la vérité se fait jour. Car le prophéte
est celui qui inquiète et
questionne.
L'
important
n'est pas tellement
la réponse que la
question.
Mais
l'Evangile
contient aussi un
autre genre d'interrogation.
Ainsi, la fin de Matthieu constate
à propos de la résurrection : "Quelques
uns eurent des doutes" (Mat 28,17).
Même des disciples ont douté
du fait de la résurrection.
Ce doute fait partie
de la réflexion
du groupe
des
disciples -
et donc de l'histoire
de l'Eglise.A propos de ce
même thème, la foi en la résurrection
du Christ, cette démarche est développée
dans le fameux épisode de Thomas
(Jean 20, 19-31) : c'est à partir
du doute, des questions
posées, du témoignage
et du dialogue
que vient
la foi.
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