Dans
le groupe que
je dirigeais journellement
au sein de l'hôpital psychiatrique,
certains des membres étaient dépressifs,
d'autres souffraient de névroses d'angoisse
; quelques-uns avaient des problèmes compulsifs
et de dépendance. Tous étaient chrétiens et
tous parlaient d'apprendre à compter
sur autrui pour la satisfaction
de leurs besoins
émotionnels.
La
conversation
bouleversa cependant
Raymond qui se trouvait
hospitalisé depuis trois jours,
victime d'une grave dépression. Il hésitait
à se joindre au groupe, car il estimait avoir tout
raté sur le plan spirituel. Pour lui, un chrétien
dépressif était un chrétien rétrograde.
« Ce sujet des besoins ne
rime à rien, objecta
Raymond.
Nous
sommes
tenus d'annoncer
la grâce au monde. Nous
focaliser sur nos besoins
est un non sens.
Est-il
donc si
important de nous
mettre au service du monde ?
demandai-je.
Absolument
. Nous
sommes là
pour donner de la
part de Jésus du réconfort,
des encouragements et de
l'espérance à ceux
qui n'en ont
pas.
Je
suis tout
à fait d'accord.
Mais vous-même,
recevez-vous aussi du
réconfort, des encouragements
et de l'espérance ?
C'est
faire
preuve
d'égoïsme,
répliqua-t-il. Dieu
ne veut pas que je
pense à
moi.
Dans
ces conditions,
Dieu vous utilise
pour faire du mal aux gens.
- Comment ?
Si
votre
besoin
de réconfort,
d'encouragements
et d'espérance est égoïste,
celui des autres l'est également.
S'il ne convient pas que votre besoin
soit satisfait, il ne convient pas que
vous répondiez à celui d'autrui. »
Peu à peu, la théologie
de Raymond
évolua,
ainsi
que ses
rapports avec
sa femme et ses
enfants. Il apprit à
accepter qu'il avait des
besoins, il fut prêt à
solliciter l'aide d'autrui
quand il en avait
besoin.
extrait de :
CES FAUSSES
CROYANCES QUI
NOUS PIEGENT LES
IDENTIFIER, LES DEPASSER
Henry Cloud et John
Townsend
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