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2010-12-19T08:40:00+01:00

Le Bon Samaritain

Publié par sulamite -

 

 

 

 

 


Qui est

mon prochain ?

Une question qui ne perd pas

de son actualité !! …

tout comme

la

parabole

même du Bon Samaritain,

qui à travers les âges, interroge

tout chrétien désireux de

traduire l’enseignement

de Jésus dans

sa propre vie.

Preuve

en est notamment

le nombre important

d’illustrations, de gravures, de

tableaux de maîtres ... qui

interprètent le sujet

de diverses

manières.

Une des

représentations

les plus touchantes

est sans doute la version

de Vincent Van Gogh (1890).

En reproduisant une

oeuvre

d’Eugène Delacroix

(qu’il n’a probablement vue

que sous forme de

gravure noir

et blanc)

Van Gogh met

dans cette toile tout

son vécu, toute sa souffrance,

toute son affection pour l’humanité.

En relisant la biographie de l’artiste

on reconnaît en lui tant le côté

« Samaritain » que celui

de la victime qui a besoin

d’être secourue.

Lassé

par les études

théologiques qui lui

semblent inutiles et abstraites,

face à la souffrance des pauvres,

il part comme prédicateur dans le Borinage

en Belgique. En partageant la condition

humaine des plus pauvres, le jeune

Van Gogh est persuadé d’aider

au mieux ces gens

totalement

démunis.

En

quittant

plus tard sa

vocation de prédicateur

pour se tourner définitivement

vers la peinture, l’artiste n’abandonne

pas pour autant sa spiritualité

sa foi et la Bible restent

des repères constants

dans sa vie.

« La

peinture

est une démarche

pour aller de l’ombre

à la lumière »

écrit

Vincent lui-même

dans une de ses précieuses

lettres à Théo son frère, une démarche

proche de celle de la

prière ou de la

méditation.

 

 

van_gogh.jpg

 

 

 

 

Dans

le tableau

du Bon Samaritain,

un subtil jeu de couleurs chaudes

et froides disposées en

diagonale

divise la

toile

en deux parties.

Le Samaritain baigne

dans des couleurs jaunes

lumineuses et chaleureuses si chères

à Van Gogh, tandis que le fond

de la toile se compose de

couleurs froides peu

accueillantes.

La lumière

qui

émane du

Samaritain a déjà été

transmise à l’homme blessé qui,

sous nos yeux, recouvre tout

doucement la vie -

l’artiste

matérialise

de façon émouvante

la transmission de l’amour qui

donne vie.

Ce jeu

de couleurs,

la fougue des traits,

la force inébranlable du

Samaritain qui met tout son amour

au service de l’inconnu traduisent

parfaitement les sentiments du peintre

qui est à la recherche de consolation

mais est aussi plein d’amour

et de générosité.

Les sujets

religieux

à vrai

dire

sont rares ;

à côté du Bon

Samaritain, on connaît la

résurrection de Lazare et la Piéta.

Ce n’est sans doute pas un hasard si

toutes ces œuvres sont

inspirées de grands

artistes comme

Rembrandt

ou

encore

Delacroix

et qu’il les a

réalisées à l’asile de Saint Rémy

quelques mois avant sa mort. Van Gogh

hésitait à toucher au sacré par appréhension

de représenter de façon

forcément imparfaite

le divin.


« J’ai

gratté

une étude peinte,

un jardin des oliviers,

avec une figure du Christ bleue

et orangée, un ange jaune…

parce que je me suis

dit qu’il ne faut pas

faire des figures

de cette portée

sans modèle »

(lettre

juin

1888 à Théo).





Malgré

son hésitation

à toucher au Sacré,

il trouve dans la peinture religieuse

une consolation en cette période de sa vie.

«  …étant malade, je cherche

à faire quelque chose pour

me consoler,

pour

mon

propre plaisir… »

ou encore,

« ..dans le souffrance

même, quelques fois des pensées

religieuses me consolent

beaucoup.. »



« Tout ce

qui est véritablement

bon et beau, de beauté intérieure

morale, spirituelle et sublime dans les hommes

et dans leurs œuvres, je pense que cela

vient de Dieu et que tout ce

qu’il y a de mauvais et de

méchant dans les

œuvres

des hommes et dans

les hommes, cela n’est pas

de Dieu et Dieu ne trouve pas

cela bien non plus. » 

« Cherchez

à comprendre

le dernier mot de ce que

disent dans leurs chefs-d’œuvre

les grands artistes, les maîtres sérieux,

il y aura Dieu là-dedans. Tel l’a écrit

ou dit dans un livre, et tel

dans un tableau. »

« Puis lisez

la Bible tout bonnement,

et l’Évangile, c’est que cela donne

à penser et beaucoup à penser,

et tout à penser.

Hé bien,

pensez ce

beaucoup, pensez

ce tout, cela relève la

pensée au-dessus du niveau

ordinaire, malgré vous. Puisque

l’on sait lire, qu’on

lise donc ! » 

Le Christ

seul a affirmé

comme certitude principale

la vie éternelle, l’infini du temps,

le néant de la mort, la nécessité et

la raison d’être de la sérénité

et du dévouement.

Il a vécu

sereinement,

en artiste plus grand

que tous les artistes, dédaignant

et le marbre et l’argile et la couleur,

travaillant en chair vivante.

C’est-à-dire que cet artiste

inouï et à peine

concevable,

avec l’instrument

obtus de nos cerveaux

modernes nerveux et abrutis,

ne faisait pas de statues, ni de tableaux

ni de livres : il l’affirme hautement, il faisait...

des hommes vivants, des immortels.

C’est grave ça, surtout parce

que c’est la vérité.

 Ce grand

artiste n’a pas

non plus fait de livres ;

la littérature chrétienne, certes,

dans son ensemble, l’indignerait,

et bien rare sont dans celle-là

les produits littéraires qui,

à côté de l’Évangile

de Luc,

des épîtres de Paul –

si simples dans leur forme

dure et guerrière – puissent trouver grâce.

Ce grand artiste – le Christ –

s’il dédaignait d’écrire

des livres sur les

idées

a certes

bien moins dédaigné

la parole parlée , la Parabole

surtout.

 Ces

considérations

nous mènent bien loin, bien

loin ; nous élevant au-dessus de l’art même.

Elles nous font entrevoir l’art

de faire la vie,l’art

d’être

immortel-vivant.

Elles ont des rapports

avec la

peinture.



Je

ne crois

pas que ma folie serait

celle de la persécution, puisque mes

sentiments à l’état d’exaltation donnent

plutôt dans les préoccupations

d’éternité et de vie

éternelle. 

Il faut

une certaine

dose d’inspiration, de rayon

d’en haut, qui n’est pas à nous pour

faire les belles

choses.

 

 


 



 

 




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