Quand je dormirai du sommeil
qu'on appelle la mort,
c'est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront
comme ceux des mères tiennent
les enfants endormis.
Et tu veilleras.
Sur ceux que j'aime et que j'aurai laissés,
sur ceux qui me chercheraient
et ne me trouveront plus,
sur les champs que j'aurai labourés,
tu veilleras.
Ta bonne main
réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs
sur les empreintes de mes pas égarés,
tu mettras ta paix sur les jours évanouis,
passés dans l'angoisse.
Tu purifieras ce qui est impur.
Et de ce que j'aurais été,
moi, pauvre apparence,
ignorée de moi-même et réelle en toi seul,
tu feras ce que tu voudras.
Ta volonté
est mon espérance,
mon lendemain, mon au-delà,
mon repos et ma sécurité,
car elle est vaste comme les cieux
et profonde comme les mers.
Les soleils n'en sont qu'un pâle reflet,
et les plus hautes pensées des hommes
n'en sont qu'une lointaine image.
En toi, je me confie.
À toi,
je remets tout.
C. Wagner
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