Mt 4 ;
1 Alors Iéshoua‘ est entraîné au désert par le souffle,
pour être éprouvé par le diable.
2 Il jeûne quarante jours et quarante nuits.
Après, il a faim.
3 L’éprouvant s’approche de lui et dit:
«Si tu es fils d’Elohîms, dis que ces pierres
deviennent des pains.»
4 Il répond et dit:
«C’est écrit: ‹L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de
la bouche d’Elohîms›.»
La parole de Dieu n’affirme pas que l’homme
ne vivra pas de pain ou de biens matériels,
(car il a des besoins )
mais que cela ne suffit pas pour accéder à une vie pleine,
épanouie, « sauvée » :
Notre société
notre monde d’aujourd’hui, ne souffrent-ils pas
–de façon peut-être mortelle-
de ne prendre en compte que les biens matériels ?
Du pain ?!
Mais qui parle encore de vulgaire pain
dans nos publicités et dans nos super-
ou hypermarchés regorgeant de richesses tentatrices ?
Et, pour ce qui est du salut du monde,
ne veut-on pas nous convaincre
qu’un taux ou une courbe de croissance suffirait à l’assurer ?
Mais en fait il meurt, le monde, d’être encombré
et écrasé par tant de choses
il crève de ce que le tentateur veuille lui faire croire
qu’il n’y a d’avenir que dans la seule production
et la seule consommation
matérielles.
Car vivre, ce n’est pas que produire et consommer
–même si c’est aussi cela- ;
vivre c’est se laisser porter par le souffle
de la Parole de Dieu,
c’est écouter, échanger, jouer, parler, danser, rêver, prier, …
faire autre chose encore que simplement
produire et consommer.
Que l’on comprenne bien ! :
lorsqu’il est question ici de parole de Dieu,
il ne s’agit pas seulement de la lettre de la Bible,
de façon étriquée.
La Parole de Dieu, c’est au sens large,
la Parole des paroles, une parole qui embrasse
toutes les paroles,
une parole profonde et dynamique, parole de joie
et non de tristesse, parole d’espoir et non de désespérance,
parole d’amour et non de rejet et de haine.
Ainsi l’homme ne vivra-t-il pas de pain seulement
mais de toute œuvre de Dieu qui l’élève
au-dessus de lui-même,
de tout chant d’amour qui l’ouvre à autrui,
de tout geste d’accueil et de protection…
telle est la clef du salut du monde.
Et cette clef, c’est la Bible
–parole de Dieu de façon essentielle-
qui en porte témoignage ;
c’est le Christ qui en trace le chemin ;
c’est nous-mêmes en tant qu’Eglise du Christ
–vivant de cette Parole et sous elle- ;
c’est nous-mêmes en tant que serviteurs
de cette même Parole au sein du monde d’aujourd’hui
–c’est nous qui avons la tâche insigne
de la faire vivre aujourd’hui.
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