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2008-08-24T07:35:00+02:00

Joie parfaite ? (1)

Publié par sulamite -

"Grande est

la capacité humaine à étouffer les sentiments,

y compris celui de la joie.

C’est à peine si l’on en prend conscience,

tant est ancienne, parfois, l’habitude de chasser

un tel sentiment – hôte indécent !

Pourquoi un interdit sur ce qui pourrait

ressembler à de la joie ?

A cause des liens de jadis : un père, une mère,

un tout proche allait mal,

on ne pouvait pas se permettre…

Et le réflexe a survécu :

la souffrance d’autrui est encore vécue

comme un interdit de goûter à la joie de vivre.

Le conditionnement a pris de l’ampleur avec les années :

comment être heureux quand

le monde va si mal ?"


Un mystique juif

de Safed écrivait au XVIe siècle :

« II n'y a rien qui puisse descendre du ciel,

s'il n'y a une force qui le désire»

. Ainsi donc, tout est dans le désir.

Bien avant Freud, Jésus tentait de réveiller

en ses auditeurs l'attente, la soif, l'aspiration :

«Demandez, et l'on vous donnera !»

A l'aube du christianisme comme aujourd'hui,

l'obstacle essentiel à son message de libération

demeure cette sorte d'anémie du désir

où l'on s'accommode de la vie dans une indifférence

proche de la désespérance.

«Demandez et vous recevrez,

afin que votre joie soit parfaite»,

insiste Jésus dans l'évangile de Jean

(16,24).

L'absence de complément permet de comprendre ainsi : «Soyez en demande !»

Voilà ce qui est déterminant pour vous acheminer

vers la joie «par-faite», «par-ache-vée», «accomplie»

que Dieu vous destine.

Si le Christ parlait ainsi,

c'est qu'il percevait en l'humain une force susceptible

de «désirer ce qui descend du ciel»


Ne nous méprenons pas

sur l'expression johannique de

«joie parfaite» !

Il n'y a pas à redouter une sorte de noyade en Dieu

dans une extase où l'on perdrait conscience

de sa propre identité:

il vaut mieux penser à la maturation d'un fruit

qui «accomplit» ou «par-fait»,

c'est-à-dire parachève peu à peu sa destinée de fruit.

Le processus s'inscrit si bien dans les réalités terrestres

que l'on peut parler di poids de la joie.

En effet, la joie est lestée de toutes les expériences douloureuses qui jalonnent l'existence.

Loin de les mettre entre parenthèse,

elle les entraîne avec elle et les travaille

jusqu'à les transfigurer

Ainsi, c'est dans la joie que le berger de la parabole

porte sur ses épaules sa brebis retrouvée

(Le 15,5) :

symboliquement, il assume o qui, dans son histoire personnelle, a été égaré et écorché.

Ce qu'i porte est lourd à porter, mais c'est le poids

de la joie, la joie d'être (ré)unifié, selon le symbolisme

du troupeau reconstitué.

C'est une joie dont la densité inclut

le tout de la condition humaine :

Le Christ nous initie à une joie qui n'évacue

aucune expérience négative

mais qui inclut

et transforme

 


 




commentaires

P
C'est VRAIE!... en plus lorsque je vois écris : "la joie est lestée de toutes les expéreiences doouloureuses qui jalonnent l'existence"...le parallète avec le Berger... Et au début lorsqu'il est écrit que c'est un sentiment indécent etc... combien de fois croisons nous des familles : "Ah bah c'est pas le moment de rire" "Comment OSES-TU être gaie alors que?...." c'est usant... je vais à la suite...
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