Il faut attendre
le Nouveau testament pour entendre
“aimez vos ennemis”
Matthieu 5,43.
Certes, Lévitique 19,17 ordonnait déjà d’aimer son prochain
comme soi-même ; mais Jésus de Nazareth va plus loin ;
Lui qui est venu accomplir la loi, c’est à dire la porter
à son achèvement.
Un jour, un scribe demande à Jésus quel est le premier de tous les commandements.
Jésus ne répond pas en citant un commandement
mais deux
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur,
de toute ton âme de toute ta pensée et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même»
Marc 12,28
Jésus veut dire que le premier commandement passe par le second.
L’amour de Dieu que je ne vois pas passe par l’amour
du prochain que je vois.
La nouveauté n’est pas dans les idées mais dans le fait que Jésus
donne à ces deux préceptes une égale importance ;
elle est aussi dans la concentration de la Loi
en ces commandements.
Paul ira jusqu’à dire :
“Toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même
Galates 5,14
“Celui qui aime son prochain a pleinement accompli la Loi.”
Romains 13,8
En effet, Jésus s’est identifié au prochain :
«En vérité je vous le déclare,
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits qui sont mes frères,
c’est à Moi que vous l’avez fait.»
Matthieu 26,40
La primauté de l’amour du
prochain
Dans l‘évangile de Jean,
Jésus délivre un nouveau message. Il s’agit de l’épisode
de “la femme adultère”
On amène à Jésus une femme prise en flagrant délit d'adultère en disant :
«Moïse ordonne de lapider ces femmes là.»
Jean 8,5
Ce qu'oublient de dire ceux qui ont traîné la femme devant Jésus,
c'est que cette prescription s'applique aussi aux hommes :
“ils seront mis à mort, l’homme aussi bien que la femme”
(Lévitique 20,10),
mais bizarrement, dans l'histoire de la femme adultère, les scribes et les pharisiens
ne semblent avoir arrêté que la femme ...
En fait les accusateurs veulent prendre Jésus à leur piège,
car pensent-ils Jésus ne manquera pas,
au nom de la miséricorde, de transgresser la Loi.
Or Jésus n’en fera rien.
Il n’abolira pas la Loi, car il sait que le péché est toujours mortifère,
mais la nouveauté est du côté de celui
qui appliquera la sentence :
«Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette
la première pierre.»
Jean 8,7
Le seul qui pourrait jeter de pierre, Jésus ,
refuse de le faire
«Moi non plus je ne te condamne pas.»
Nous apprenons par là que, s’il est possible de sortir du péché,
c’est à dire du pays de la mort,
c’est parce que le Christ renonce à condamner .
Cependant la Loi continue de valoir.
Mais Paul nous explique que le Christ, en sa propre chair,
a accompli le verdict de la Loi :
“Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant son propre Fils dans la condition
de notre chair de péché,
afin que la justice exigée par la Loi, soit accomplie en nous.”
Romains 8,3 et 4
La Justice est la conformité à la volonté de Dieu.
Il n’y a donc plus aucune condamnation pour ceux qui donnent
leur confiance au Christ, car Il a pris sur lui
toute condamnation.
Ainsi la loi mosaïque recelait en quelque sorte son propre dépassement.
Elle était la Loi de la sortie de l’esclavage d’Egypte vers la Liberté.
Sa source, c’était l’Amour.
Cet amour fait craquer maintenant sa gangue légale
et vient au premier plan.
Jésus est venu ; Il n’a pas aboli la Loi, il l'a ‘accomplie’, ‘achevée’
(c'est le sens du terme grec ):
«Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les prophètes.
Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. .../...
Pas un seul iota ou un seul trait de lettre de la Loi ne passera que tout ne soit réalisé.» Matthieu 5,17-18
Mais Il l’a ramenée à l’essentiel :
à l’amour du prochain qui sont ses frères ; Il l’a radicalisée :
«Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas
dans le royaume de Dieu.
Matthieu 5,20
Jésus serait-il plus légaliste que les pharisiens ?
En fait, la logique de cette série de radicalisations est tout autre.
Jésus la conclut en effet ainsi :
«Soyez parfait
comme votre Père céleste est parfait.» (!)
Matthieu 5,48
Comment entendre une telle injonction extrême ?
Qui serait assez orgueilleux ou fou pour prétendre y satisfaire ?
Sinon, n'est-ce pas un chemin d'échec et de culpabilisation ?
Jésus nous pousse ainsi
à nous ouvrir à la grâce de Dieu.
Jésus a bien “achevé” la Loi comme moyen de salut.
Ainsi pouvons-nous vivre dans liberté des enfants de Dieu,
occupés à aimer :
“Faisons le bien sans défaillance”
Galates 10,9
Le Royaume de Dieu nous est ouvert,
grâce à l’amour inouï de Dieu.
Ainsi compris,
le chemin de la Loi est bien chemin de Vie.
“Comme je l’aime ta Loi Seigneur ...
... ta Loi fait mes délices.”
Psaume 119
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