• C’est sur un chemin,
sur la route de Jérusalem à Jéricho
que Jésus situe la parabole dite du bon Samaritain,
où le chemin est à la fois lieu de danger et de salut
pour l’homme attaqué par les brigands, délaissé par les passants,
soigné par le samaritain.
Le chemin se révèle également le lieu d’un choix décisif pour le prêtre,
le lévite et le samaritain qui tous trois voient l’homme à terre.
Le mouvement d’évitement des premiers,
le mouvement de compassion du dernier témoignent
de ce qui les guide fondamentalement et ultimement (
• Et puis il y a le chemin d’Emmaüs
où Cléopas et son compagnon discutent entre eux
des événements des jours passés, la crucifixion
de celui qu’ils croyaient être le Messie,
et la découverte du tombeau vide,
puis ils répondent aux questions de l’homme qui les a rejoints,
et ils écoutent cet homme leur expliquer les Ecritures.
Chemin de déception, de questions, de rencontre avec l’inconnu, d’éclaircissement
puis après la halte à l’auberge
(l’action de grâce, le pain rompu : la communion),
chemin de mission, pour annoncer une bonne nouvelle aux autres disciples ;
la route de Jérusalem à Emmaüs revêt toutes les caractéristiques
d’un chemin de foi (lire Luc 24,13-35).
• Le chemin
trace un itinéraire
entre deux lieux et l’on a du mal parfois à se repérer
dans les croisements et les méandres du parcours.
Rien de tel dans le chemin de Jésus,
particulièrement dans le parcours décrit par l’évangile de Jean :
Jésus va vers celui qui l’a envoyé.
Mais son chemin n’est pourtant pas une simple boucle
car après son passage, tout change
et les chemins de ceux qu’il croise en sont considérablement réorientés.
Même après qu’il ait quitté cette terre :
Luc raconte de cette manière, avec un chemin interrompu puis retourné :
la conversion de Saul en Paul, l’apôtre qui à son tour va parcourir
et vouloir parcourir les chemins du monde connu,
de la terre habitée pour proclamer
l’Evangile du Christ (Actes 9).
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• Le chemin est une
métaphore universelle
de sens et de conduite de l’existence,
et ce n’est pas par hasard que dans le livre des Actes des apôtres,
Luc rapporte que les chrétiens sont appelés “ceux du chemin”
(Actes 9,2 ; 18,25 ; 24,22).
odos qualifie le mouvement de ceux qui suivent l’enseignement,
le chemin de Jésus-Christ.
Le chemin, la voie, c’est celui, celle ouverte, montrée par Jésus,
où viennent marcher ceux qui se confient en lui.
—On trouve là la continuité de l’image du
Premier Testament,
celle du chemin de Dieu que le peuple est exhorté sur tous les tons
et de toutes les manières à suivre,
car ce chemin est le chemin qui conduit à la vie.
De l’itinérance d’Abraham à la sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse,
de l’exil au retour à Jérusalem,
le peuple d’Israël se raconte comme un peuple en marche.
Le droit chemin, le chemin du salut est celui où l’on est conduit par YHWH (Yawhé, le Seigneur),
comme le peuple dans le désert suivait la nuée le jour
et la colonne de feu la nuit.
Le droit chemin est celui de la justice, de l’équité, de la compassion.
• Le terme “chemin”
(ou voie )
représente dans le livre des Actes des apôtres
ce qui est appelé par ailleurs l’Eglise,
Ceux du chemin, les adeptes de la voie
sont en mouvement,
ils ne s’installent pas, ils vont en avant,
en suivant celui en qui ils reconnaissent le Seigneur
et ce déplacement est la vie de leur vie,
le signe de leur vitalité.
• C’est dans l’évangile de Jean que Jésus prononce
une forte parole où le chemin n’est plus seulement un lieu entre deux lieux,
ou le sens d’une existence.
Au chapitre 14, Jésus dit :
« je suis le chemin, la vérité, la vie. Nul ne vient au Père si ce n’est par moi ».
Il s’agit bien d’aller vers, aller vers Dieu,
se mettre en quête du Père.
Mais l’image du chemin est employée de manière absolue :
« je suis le chemin »,
le chemin n’est ni un lieu ni un sens mais quelqu’un.
De plus, odos trouve là son seul emploi propre à Jean
Ces deux éléments donnent à cette affirmation
une ampleur et une résonance particulière,
une valeur universelle.
Jésus n’est ni le chemin de la vérité, ni le chemin de la vie.
Chemin, vérité et vie constituent l’identité de Jésus
et sont en relation avec le Père dans la connaissance duquel
le croyant veut avancer,
le Père dont Jésus est le seul médiateur.
Le chemin est bien le moyen de se rendre là où l’on désire aller,
même si on ne sait pas exactement par où le chemin fait passer.
Jésus est le chemin, de même qu’il est la vérité
(pas d’autre réponse à Pilate que sa seule présence,
et la vie comme il l'a déjà dit et montré à Marthe,
la sœur de Lazare (Jean
11).
—Chemin de terre, chemin de vie, chemin
d’expérience,
chemin de confiance,
par le témoignage de l’homme qui marche,
le chrétien croit que Dieu marche
aussi avec lui,
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