Bien installé
en terre sainte , Israël se remémore les jours passés au désert
et essaie d'en comprendre la portée.
Il fait des comparaisons avec sa situation actuelle et prend conscience du caractère
simple et dénudé du culte à cette époque.
En devenant sédentaire, le peuple s'adonne à des cérémonies de plus en plus élaborées,
avec tous les excès que cela suppose.
Le prophète Amos dénonce ces excès en ces termes :
« Des sacrifices et des oblations, m'en avez-vous présentés au désert,
pendant quarante ans, maison d'lsraël? » (5, 25).
Le désert est devenu le symbole de la pureté cultuelle.
Les prophètes l'intègrent à leurs appels à la conversion en rappelant
le sens véritable du culte : celui-ci doit refléter
la paix et la justice
régnant dans la société.
Un deuxième motif en lien avec le désert sert de base pour l'appel à la conversion.
La désobéissance, le doute du peuple au désert
doit servir d'exemple
pour le présent.
Le peuple a bien failli être anéanti en gardant la nuque raide et en se détournant
de Dieu au profit d'idoles (Exode 32, 1-14).
N'eut été de l'intervention de Moïse, qui sait ce qui serait advenu d'lsraël?
Alors, pas question de recommencer et de se laisser aller à la tentation!
Jésus, au désert, vivra une expérience semblable.
repussant les tentationspour les vaincre.
Le prophète Osée va même plus loin et parle du désert
comme du lieu des fiançailles de Dieu avec son peuple.
L'infidélité de celui-ci est tellement profonde qu'il faudra le ramener au désert,
seul endroit de parfaite intimité
avec Dieu (Osée 2).
Autre signe d'idéalisation, la manne, que les Israélites mangeaient
en regrettant les bon mets égyptiens (Exode 11, 4-6),
devient le « froment du ciel, le pain des Forts » (Psaume 78, 24-25)
Même si cette idéalisation a connu des excès,
le symbole du désert a gardé dans une part de la tradition biblique une connotation positive.
Le désert est un lieu réjouissant car il conduit à la terre promise.
Le trajet menant de Babylone à Jérusalem lors du retour de l'Exil est parcouru
sur un air de fête, car il sonne un nouveau départ pour Israël (Isaïe 43, 19-20).
Il est même considéré comme un nouvel Exode (Isaïe 52, 12).
Le salut attendu pour la fin des temps est parfois décrit comme un désert
qui devient fertile (Isaïe 41, 18).
Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent! Le pays aride,
qu'il exulte et fleurisse, qu'il se couvre de fleur des champs,
qu'il exulte et crie de joie!
La gloire du Liban lui est donné, la splendeur du Carmel et de Sarône.
On verra la gloire du Seigneur, la splendeur
de notre Dieu
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