38 Dans son enseignement il dit:
«Gardez–vous des Sopherîm: ils veulent marcher en robes et salutations dans les marchés,
39 et premières stalles dans les synagogues et premières places dans les dîners,
40 ces dévoreurs des maisons de veuves qui, pour l’apparence, prient longuement. Ils recevront la pire condamnation.»
41 ¶ Il s’assoit devant le trésor et regarde la foule jeter des monnaies dans le trésor.
Beaucoup de riches
en jettent beaucoup.
42 Une veuve, pauvre, vient et jette deux centimes: oui, un quart de sou.
43 Il appelle ses adeptes et leur dit: «Amén, je vous dis: cette veuve qui est pauvre a jeté dans le trésor plus que tous ceux qui avaient jeté.
44 Oui, tous ont jeté de leur abondance; mais, elle, dans sa pénurie,
y a jeté tout ce qu’elle avait, toute sa vie.»
• “Tout ce qu’elle avait pour vivre”, c’est bios.
Nous ne sommes plus là dans le cours de la vie, ni dans les éléments d’une existence.
Nous touchons dans ce récit, ces récits, à une totalité de la vie qui comprend ce qui la permet,
ce qui lui est nécessaire, indispensable,
ce qui fait que la vie peut être,
être vie.
c’est la vie et ce qui fait qu’on peut vivre ;
ce sont les ressources de la vie, ce sont les moyens de vivre.
Sans les moyens de la vie, il n’y a plus de vie.
L’offrande de la veuve, ces deux piécettes, c’est sa vie, et son don,
insignifiant face aux offrandes bien plus importantes des riches,
son geste n’est rien moins que l’œuvre de Jésus lui-même :
le don de la vie,
de sa propre vie.
dans le cas de la veuve pauvre, ce qu’elle a de ressources est indispensable à sa vie
et de ce fait prend un caractère vital.
Elle en est à ce point de misère où son être et son avoir se rejoignent:
sa vie est en jeu et c’est sa vie qu’elle dépose en offrande, elle pauvre parmi des riches
qui ne donnent qu’une part de leur avoir qui ne met pas leur être en jeu.
Nous sortons des considérations purement matérielles pour entrer dans l’existentiel,
et même l’essentiel.
• L’emploi de bios dans ce récit de Marc, et dans sa reprise par Luc emporte le geste de la veuve
bien loin de toute considération sur la nécessité de l’offrande pour assurer
la pérennité, voire la gloire, du Temple.. ou des Eglises.
Le regard de Jésus sur la veuve et son commentaire pour les disciples replacent l’être humain
et le sens de son existence devant ce que Dieu donne aux hommes et aux femmes :
la vie qui se tient dans le don, la remise à Dieu d’une existence entière,
toutes dimensions rassemblées,
intégrées dans
une personne.
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