Cant : 1 5
Moi, noire, harmonieuse, filles de Ieroushalaîm, comme tentes de Qédar, comme tentures de Shelomo.
6 Ne me voyez pas, moi, la noirâtre: oui, le soleil en moi s’est miré. Les fils de ma mère ont brûlé contre moi; ils m’ont mise gardienne de vignobles.
Je suis noire et belle… »,
selon la traduction correcte — et la seule possible — de ce verset rendu depuis des siècles de façon malencontreuse — pour ne pas dire malveillante —
par : « Mais belle » !
Il n’y a pas de « mais » en hébreu.
Remarquable illustration, que l’habitude de ce « mais »,
de la mise en garde de Jésus contre le travers d’attenter au « iota » dans les Écritures !
Ici, on en mesure les conséquences ! La couleur noire serait-elle en opposition à la beauté ?!
Le point de départ du « mais » n’est d’ailleurs peut-être pas entièrement négatif :
la noirceur de la Sulamite du Cantique a été perçue très tôt dans les exégèses anciennes
comme symbole de beauté, précisément,
cela en tant que la beauté se reçoit d’ailleurs, d’un regard extérieur,
de Dieu en l’occurrence :
la couleur noire est captatrice de lumière, de la lumière qui dévoile la beauté.
Beauté donc dans toute son intensité, mais qui n’a pas sa source en elle :
le noir indique alors un vis-à-vis, signe d’altérité irréductible — celui qui est entre la beauté
et sa source éternelle.
Aux origines, c’est ce vis-à-vis que signale la beauté de la Sulamite,
le vis-à-vis de la Bien-Aimée
et de son Aimé,
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