La
tente
peut être
dressée en
n’importe quel
temps, en n’importe
quel endroit, en urgence
ou de manière régulière, aussi
bien dans les friches ou les jardins que
dans les effondrements ou les décombres,
non pour profiter ni pour éviter, mais
pour repartir. Car il s’agit de faire
face aux soulèvements, aux
ruines, aux précarités, à
l’enchevêtrement
composant le
réel,
imprévu,
inédit, inouï,
et de se laisser
ébranler et refonder,
pour tenir la vie en soi et
pour autrui. La lecture des
Écritures permet de recevoir
autrement les héritages, les
questions,
les représentations, les textes,
pour penser à nouveau,
pour reprendre ce qui
est inachevé, non
pour le terminer,
mais pour
poursuivre
vers
un
accomplissement
qu’on ne maîtrise pas.
Reprendre et relire également
en se mettant au bénéfice des interprétations,
des réinterprétations,de l’intertextualité
des Écritures qui tissent des reprises
en liberté autant
qu’en
fidélité
et qui en appellent
d’autres pour le temps présent.
L’image de la tente rend compte de
cette relecture qui ne fige aucun texte,
même les plus connus, les plus
familiers, mais les déploie
encore pour que le
lecteur y
descende
à
nouveau,
dans la trame
des Écritures, dans
celle de la mémoire, hors
des chemins déjà parcourus,
et pour qu’il se laisse reprendre lui-
même par le texte qui le lit, en
renonçant à avoir le dernier
mot, en renonçant à ce
qu’il y ait un dernier
mot à la
lecture.
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