Partir,
ce n’est pas
dévorer les kilomètres,
traverser les mers, ou atteindre
les vitesses supersoniques.C’est avant
tout s’ouvrir aux autres, aller à leur rencontre.
S’ouvrir aux idées, y compris celles qui sont contraires
aux nôtres, c’est avoir le souffle d’un bon marcheur.
Heureux qui comprend et vit cette pensée :
« si tu n’es pas d’accord avec moi,
tu m’enrichis ». Avoir à côté
de soi quelqu’un qui ne
sait dire qu’ « amen »
; qui est toujours
d’accord
d’avance
et inconditionnellement,
ce n’est pas avoir un compagnon
, mais plutôt une ombre. Quand le
désaccord n’est pas systématique et
tendancieux, quand il vient d’une vision
différente, il ne peut qu’enrichir.
Il est possible de cheminer
seul. Mais le bon
voyageur sait
que
le
grand
voyage est
celui de la vie,
et qu’il suppose des
compagnons. Compagnon :
étymologiquement c’est celui qui
mange le même pain. Heureux qui se
sent éternellement en voyage et qui
voit dans tout prochain un
compagnon désiré.
Dom Helder
Camara,
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