Il
marche.
Sans arrêt
il marche. Il va
ici et puis là. Il passe
sa vie sur quelque soixante
kilomètres de long, trente
de large. Et il marche
. Sans arrêt. On
dirait que
le repos
lui
est interdit.
Ce qu’on sait
de lui, on le tient
d’un livre.Avec l’oreille
un peu plus fine, nous pourrions
nous passer de ce livre et
recevoir de ses
nouvelles en
écoutant le
chant
des
particules
de sable, soulevées
par ses pieds nus.
Rien ne se
remet
de
son
passage
et son passage
n’en finit pas. Ils
sont d’abord quatre
à écrire sur lui. Ils ont,
quand ils écrivent, soixante
ans de retard sur l’événement
de son passage. Soixante
ans au moins. Nous
en avons beaucoup
plus, deux mille.
Tout ce qui
peut être
dit sur
cet
homme
est en retard
sur lui. Il garde
une foulée d’avance
et sa parole est comme
lui, sans cesse en mouvement,
sans fin dans le mouvement
de tout donner d’elle-
même. Deux mille
ans après lui,
c’est
comme
soixante. Il
vient de passer
et les jardins d’Israël
frémissent encore de son
passage, comme après
une bombe, les ondes
brûlantes d’un
souffle. Il va
tête nue.
La
mort,
le vent,
l’injure, il
reçoit tout de
face, sans jamais
ralentir son pas.A croire
que ce qui le tourmente
n’est rien en regard
de ce qu’il espère.
A croire que la
mort n’est
guère
plus
qu’un
vent de
sable.A croire
que vivre est comme
il marche...
sans
fin
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