Au
regard
de l’anthropologie,
le sens du toucher jugé
secondaire en comparaison,
à l’ouïe et à la vue ou archaïque
loin de l’intelligence .Il n’en demeure pas
moins primordial. Il est le premier et le
dernier : depuis la nuit de la
gestation et le peau à
peau du ventre
maternel,
à la
main
du mourant
que l’on caresse
pour la dernière fois.
C’est par excellence le
sens de la relation, puisque
l’on ne peut toucher sans être
touché. Alors que les quatre autre
sens fonctionnent individuellement, le
toucher implique inexorablement la relation
et la réciprocité : "toucher" et "être touché"
sont indissociables Parce que la
fonction du toucher rejoint
des réalités comme la
connaissance,
la révélation, la
guérison, la
compassion,
l’amour, le
désir,
la
bénédiction,
l’onction, son usage
est très fréquent dans la Bible.
La main de Dieu :
«Descends
tout de
suite
chez le
potier ; c’est
là que je te ferai
entendre mes paroles."
Je descendis chez le potier ;
il était en train de travailler au tour.
Quand, par un geste malheureux, le potier
ratait l’objet qu’il confectionnait avec
de l’argile, il en refaisait un autre
selon la technique d’un
bon potier. […]
"Vous êtes
dans
ma main […]
comme l’argile
dans la main du
potier." »
Jr 18,2-
4.6b
le
réveil de
la fille de Jaïrus
et la guérison de la
femme à la perte de sang ,
la femme pécheresse
chez Simon
le
Pharisien;
la veuve de Naïm
la guérison d’un lépreux, la
guérison des aveugles sont
accompagnées du toucher Il y a
quelques constantes dans
ces textes :L’intention
ou le désir ,
l'absence
de
distinction
entre toucher
et être touché, entre
le mode actif ou passif.
Le lien entre parole et toucher
(le toucher comme unique moyen de
communication pour les sans nom. Le
toucher réhabilite et sociabilise et rend la
parole, la guérison est accompagnée
d’une parole salvatrice de Jésus
La liberté de Jésus. Un Jésus
"sujet" qui pose souvent
un autre geste que
ce que la foule
attend,
Et
inversement,
un Jésus qui se laisse
toucher « Une force est sortie de moi »
et Jésus se laisse entraîner comme malgré lui,
« ému aux entrailles ». Écho d’un
Dieu de compassion.
Guérison
et
salut
intégral
.En conclusion,
la conséquence de ces
touchers est un renversement
total par rapport à la distinction profane/sacré
établie par les hommes, cette loi de
séparation et d’exclusion
incompatible
àvec un
Dieu
Amour
et Salvateur.
Jésus touchant ou
se laissant
toucher
par
"l
’impur",
abolit la peur
de la contagion. Il
bouleverse le registre
pur/impur lié au pouvoir et à la
fonction, pour nous révéler le nouveau
registre de l’évangile :
aimer/ne pas
aimer.
Il
existe
aussi une
autre manière de
toucher et d’être touché,
quand l’invisible nous touche
et qu’au fond de notre cœur (siège
des émotions, de l’intelligence et de la
mémoire), au plus intime de nous-
mêmes, se met au jour,
sensiblement, notre
relation, notre
alliance avec
Dieu.
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