Thomas
est souvent
considéré comme
le mauvais croyant, celui qui
a besoin de preuves concrètes de
l’existence de Dieu pour croire. Thomas,
c’est celui qui ne fait pas confiance,
… mais est-ce bien ce que
nous dit le texte
biblique ?
Au soir
de
Pâques
, les disciples se
sont enfermés dans un
lieu qui leur donne un sentiment
de sécurité, eux qui craignent de subir
le même sort que leur maître récemment
crucifié. Marie de Magdala leur a raconté
un peu plus tôt tout ce qu’elle avait vu
et entendu près du tombeau vide,
sa rencontre avec le Christ,
ce qu’il lui a dit. Et les
disciples, eux, se
sont calfeutrés
pour se
mettre
à
l’
abri,
dans une
pièce bien fermée.
Cela n’empêche pas le
Christ de se rendre présent
parmi eux et de leur offrir la parole
qui répond bien à leur besoin du
moment : « que la paix
soit avec vous ! »
Mais Thomas
n’était pas
là. A
son
retour, les
disciples lui
racontent ce qui
s’est passé, la présence
du Seigneur comme ils le nomment
. Et Thomas leur répond qu’il ne croira pas
s’il ne peut lui-même toucher les plaies
du crucifié. C’est là, en général,
qu’on reproche à Thomas
d’être un piètre croyant
qui a besoin de
toucher
pour
croire.
Mais doit
on en vouloir à
Thomas de ne pas
croire sans réserve ce
que disent les autres disciples ?
après tout, les autres disciples sont
quand même loin d’être eux-mêmes
des modèles en matière de foi.
D’ailleurs, Jésus a rarement
relevé le fait que ses
disciples aient
été animés
d’une
foi
extraordinaire;
Il les a plutôt qualifiés
d’hommes de peu de foi, ce
qui est loin d’être un titre de gloire.
Oui, les disciples disent qu’ils ont vu le
Seigneur. Oui, il disent « le Seigneur »,
ce qui pourrait ressembler à une
confession de foi, mais
seulement après
l’avoir vu,
après
qu’il
leur ait
montré ses
plaies… ce que
Marie leur a raconté
n’a pas été suffisant. Eux
aussi ont eu besoin de faits
tangibles et ne se sont pas contentés
du récit d’un témoin. Mais on retient que
c’est Thomas qui est le mal croyant.
C’est d’autant plus paradoxal que
le texte montre qu’en fait les
disciples demeurent de
piètres croyants.
En effet,
ces
disciples
ont eu le récit de
Marie, ils ont vu le
ressuscité, et que font-ils ? Ils
restent calfeutrés, enfermés dans
le même lieu. Huit jours
après, ils seront
encore dans
leur
cachette.
Oui, les disciples
disent « le Seigneur »,
mais cela ne leur suffit pas
à avoir suffisamment de confiance,
suffisamment de foi dans la paix
qui leur a été annoncée, pour
affronter leur vie, pour
continuer leur
histoire
personnelle.
Tout est fermé chez
ces disciples. Rien ne peut
rentrer, pas même l’Esprit de Dieu
. Du coup l’histoire est bloquée, coincée
à ce jour de peur Heureusement, dans
ce dispositif bien verrouillé, il y a
une brèche, une fissure,
une ouverture :
c’est
Thomas.
Thomas qui
n’a pas pris pour
argent comptant les paroles
des disciples ; Thomas qui préfère
s’en remettre à Dieu plutôt qu’à ses saints ;
Thomas qui met en doute la parole des
disciples, effectivement ; Thomas
qui ne se contente pas de
ce slogan publicitaire
« nous avons vu
le Seigneur ».
Thomas
se met
en
quête
de la vérité,
et, ce que nous
révèle ce texte, c’est
que cette quête est légitimée
par le Christ qui s’adresse
à lui pour lui proposer
de vérifier par lui
même
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