En
légitimant
cette quête, le
Christ montre que
la foi a besoin de se
confronter à l’existence et
que cette confrontation passe
par l'expérience personnelle et la
mise en doute des paroles convenues.
Ce texte montre que la foi ne peut rester
confinée à l’espace étroit d’une communauté
particulière. La foi, pour être véritablement
cette confiance suscitée par Dieu, a
besoin de se confronter à toute
notre vie, à ce que nous
disons et pensons
de Dieu, ce que
nous faisons
au nom
de
Dieu.
La foi a
besoin de
se confronter à
tous les domaines de
notre vie.« Dieu » : ça ne
devrait jamais aller de soi. La foi
n’est pas une évidence, a priori, qui
s’impose implacablement à nous
La foi, dans la Bible, est
toujours un chemin
c’est vrai pour les
prophètes
qui
essaient
de résister, d’une
manière ou d’une autre,
à ce que Dieu leur demande
de faire ou qui négocient la tournure
que les événements doivent prendre ;
la foi est toujours affaire de réajustement,
d’approfondissement, de déplacement,
d’abandon parfois, de nouvelle
adhésion. La foi, selon ce
que nous pouvons en
comprendre dans
la Bible, est
faite
d’
allers
-retours entre
ce que nous entendons
, ce qu’on nous dit de Dieu, et
ce que nous expérimentons au jour le jour.
En restant enfermés les disciples
restent enfermés dans leurs
peurs. Il se pensent en
sécurité dans
leurs
certitudes,
dans un discours pré-
formaté, prêt à consommer,
unanimement partagé, mais leur
cloisonnement n’apporte pas la paix.
Ils pensent qu’ils vont pouvoir se rassurer
dans leur petit cocon mais ils restent
apeurés. C’est Thomas
qui, par son chemin
de traverse,
son
vagabondage
on ne sait où hors
de la communauté repliée
sur elle-même, permet aux autres
disciples de sortir de ce qui devenait
une véritable sépulture pour disciple obtus.
C’est Thomas qui, par sa soif de vérité
, par son refus des formules toutes
faites, ouvre l’horizon des
autres disciples, les
fait enfin sortir de
leur lieu de
réclusion
Au
discours
conventionnel
des disciples a succédé
une véritable confession de
foi, personnelle, qui fait droit au
sentiment personnel, qui ne dit pas
« le Seigneur », une instance lointaine,
impersonnelle, mais « mon
Seigneur », le partenaire
d’une relation
inter-
personnelle.
Les crédos ne
sauvent pas l’homme.
Les phrases toutes faites qui
ne nous impliquent pas, les poncifs
qu’on répète de génération en génération
sans trop y réfléchir, ne guérissent pas,
ne consolent pas, n’apaisent pas.
Nous voyons dans ce cabinet
de théologie fermé à
double tour, cette
citadelle
isolée
du
reste du
monde, que
la foi est plutôt
l’histoire d’une rencontre
authentique, qui assume les doutes,
les hésitations, les questionnements, les
élans, le sentiment religieux et la raison,
plutôt qu’une pétition de principe
signée les yeux fermés
Au final, Thomas
n’aura pas
eu
besoin
de toucher
pour croire,
contrairement à
l'image qu'ont donnée
certaines peintures C’est
l’esprit libre de Thomas qui sauve
du conventionnel, de l’officiel, du bien
établi, qui fait entrer en dialogue
avec ce que Dieu propose,
conseille, offre.L'esprit
libre de Thomas,
que le Christ
légitime,
fait
droit au
questionnement
personnel qui ne doit pas être
ravalé au profit des lieux
communs de la
religion.
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