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2013-05-24T06:35:30+02:00

dis moi ce que tu manges....je te dirai comment tu vas^^

Publié par sulamite -

La

vie est

une tragi-comédie

qui finit bien, mais nous

sommes totalement infoutus de

nous en rappeler. C’est l’avantage de la

croix : aussi terrible qu’elle soit, elle restera toujours

un signe positif : le "plus" de l’amour qui se donne,

qui rachète au prix fort et qui nous ajoute à…

l’infini. Tout ça ne tient pas vraiment

d’un point de vue mathématique :

c’est génial. Bon. Et au

milieu de cette

histoire,

on

oublie

toujours que

nous sommes tout

sauf des inconnus dans

l’équation. Des "produits en croix",

en quelque sorte : sauvés une bonne fois

pour toutes par le Christ. Son peuple ?

Pour jamais consolé.

N’empêche

qu’en

attendant,

il y a quelques petits

trucs qui nous rongent. Nous

faisons tous l’expérience de ces angoisses

qui s’insinuent, notamment au milieu de la nuit,

dans nos pensées. Ce projet que nous ne

pourrons jamais terminer à temps.

Cette parole que l’on n’aurait

pas dû dire, que l’on

regrette, que

l’on ne

voit

pas

comment

réparer. Celle

qu’on n’a pas dite, lors

de cette scène qu’on revit sans fin.

Cette personne à qui il faudra sourire demain

malgré tout ce qu’on a sur le cœur

à son égard. Ce rendez-vous

qu’on a trop longtemps

repoussé et

qui

risque

désormais

d’intervenir trop tard.

Cette peine inépuisable.

Cette humiliation cuisante qui nous

brûle encore l’amour propre. Ce qu’on

pensera de nous, peut-être. Ce à quoi on a déjà

dû renoncer, et les défaites qui viendront.

Ceux qu’on redoute ; ceux pour qui

on craint. Les rivalités

au travail,

les

amours

impossibles, les

épidémies de gastro,

les parapluies laissés chez

les coiffeurs, les pneus crevés,

les tuyaux de gaz à changer, les dates

des vacances, les chaussures oubliées pour

les mariages, les taches de gras, les livres

prêtés, les travaux à faire, les tiers

provisionnels, les cartes

de piscine,

les

dis moi ce que tu manges....je te dirai comment tu vas^^

virus

informatiques,

les anniversaires d’hier,

les réunions, les entretiens,

les critiques, les verres brisés,

les postes à pourvoir, les dates limites,

les vols à l’arrachée, les RTT, les lettres anonymes,

les carnets de correspondance, les profs

de math. Tout ça à la fois, souvent.

Et au matin, les yeux pleins du

sommeil dont on s’est privé,

on se rappelle qu’on

est trop grand

pour

avoir encore

peur des monstres

sous notre lit.Le vrai souci, c’est

que nous manquons de confiance. Partout.

Tout le temps. La question n’est pas,

bien entendu, d’aborder chaque

jour avec un angélisme béat.

Il y a des sujets

d’inquiétude

réels,

mais aussi

beaucoup d’ennemis

imaginaires ; et nous, au lieu

de remettre chacun à sa juste place,

nous les laissons se bousculer tels les voyageurs

d’un train qui s’amasseraient pour monter

tous en même temps sans laisser

descendre ceux qui sont

arrivés. Mais combien

de toutes

ces

préoccupations

présentent un réel danger ?

Et combien ne sont au fond que de

petits cailloux dans le vaste système d’émotions

qui gravitent autour de notre nombril ?

Est-ce que le pain quotidien veut

dire quelque chose pour nous ?

Voilà la question. Cette

notion de pain

quotidien,

ce dont

nous

aurons besoin

pour affronter notre

journée et pas une miette

de plus, a une vertu majeure : ce n’est

pas une nourriture qui vient de nous. En

s’abandonnant peu à peu à une

confiance dans la providence

(bien faire ce qui est de

notre ressort et

faire

confiance

pour le reste),

on déplace le centre de

gravité de notre univers intime,

et on finit par retrouver notre propre

place dans un ensemble plus large. Parfois,

on s’aperçoit même à cette occasion

que d’autres autour de nous

portent des soucis bien

plus cruciaux que

les nôtres.

Une

spiritualité

du pain quotidien ;

ce pourrait être une piste

intéressante…: on ne reçoit

vraiment Jésus qu’en se donnant

soi-même à lui. Car, finalement, il y a tant

de choses qui nous dévorent qu’il faut

bien que nous mangions Dieu,

pour ne pas nous vider

complètement.

E Prochain

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