Que
nous apprend
l’Apocalypse sur le
culte? Aucun livre du N.T.
ne contient autant d’hymnes,
de cérémonies grandioses, avec
des vêtements d’une blancheur éclatante,
des coupes d’or, du parfum, de l’encens,
des chandeliers, c’est le seul livre du
N.T. où des instruments de musique
sont mentionnés avec le culte.
Le contraste avec le reste du
N.T. est impressionnant
les références au
culte y restent
bien
modestes
et parfois confuses.
Le culte à Corinthe fait
un peu désordre. Il vaut la
peine de se poser la question:
pourquoi un tel contraste? La nature
ayant horreur du vide, la tendance
de nombreux spécialistes en
quête d’indications sur le
culte de l’Église
primitive,
a été
de
chercher
dans le livre
une image du culte
de l’Église primitive. Mais
n’est-ce pas prendre le livre
à contre-sens? Le culte qu’il nous
décrit n’a pas lieu sur la terre, il a lieu
dans le ciel. Certes il doit bien y avoir
un certain rapport entre les deux,
et l’on voit même arriver dans
le culte céleste des coupes
d’or remplies de parfums
qui semblent bien être
les prières qui
montent du
culte de
la
terre.
Mais
l’Apocalypse
marque la distance
entre le culte terrestre
et le culte céleste. Distance
douloureuse, distance de l’attente.
Lorsque la distance entre les deux
s’estompe, lorsque le culte
terrestre se prend pour
une représentation
du culte céleste,
lorsqu’il nous
transporte
(?)
au ciel,
ne nous fait
-il pas courir le
risque d’une illusion
similaire à celle que nous
venons de repérer à propos
de la vie pratique? La remarque
cinglante du Qohélet, reste pertinente:
«Dieu est au ciel et toi tu es sur la terre» (5.1).
Certes, Jean a bien été ravi en vision pour
nous décrire ce culte céleste. Paul dit
qu’il a été ravi jusqu’au troisième
ciel (2Co 12.2), il faut bien
que le culte terrestre
nous donne
parfois
comme
une
échappée
sur le culte
céleste, pour fortifier
notre foi, pour raviver notre
attente, et aussi la tension de l’attente.
La tension doit rester pour que la
liturgie ne nous plonge pas
dans le virtuel, réduisant
l’horizon de l’attente
à un calendrier
cyclique qui
chaque
année
nous
ramène
au même point.
Bienheureuse insatisfaction
de notre culte terrestre
qui nous fait attendre
l’avènement de
notre
Seigneur.
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