A
quoi
ressemble
l’amour que j’ai
pour Jésus et
qu’il a pour
moi ?
Ce
texte
biblique
nous donne
un bon point de
départ : «Je prie que
vous soyez enracinés et
fondés dans l’amour pour être
capables de comprendre avec tous
les saints quelle est la largeur, la longueur
, la profondeur et la hauteur de l’amour
de Christ et de connaître cet amour
qui dépasse toute connaissance,
afin que vous soyez
remplis de toute
la plénitude de
Dieu»
Eph. 3,
17-19
«Je
sens»
avant «Je
sais» ?
À
l'heure
actuelle , le
mot amour fait
écho à«émotions», «sentiments»
et «pensées amoureuses». De fait, la
notion d’amour a aussi évolué dans l’Eglise
au cours de ces 70 dernières années :
le socio-affectif a pris le
dessus et est devenu
le fondement de
l’amour des
chrétiens
pour
Jésus. Le
«je sens que» a
tendance à primer les
vérités chrétiennes, de sorte
que notre amour pour Jésus est rempli
de relativité, d’incohérence comportementale,
de vérité à soi-même, non fondée, non
enracinée, non apprise dans l’étude
de la Bible. L’amour pour
Jésus est parfois mêlé,
particulièrement
dans les temps
de louange,
à un
érotisme
évident, inspiré
par une libido insatisfaite
, une confusion, un mélange,
la marque d’une
frustration
corporelle.
Un
amour fort
comme la
mort
Pourtant,
un texte du
Cantique des Cantiques
me rappelle que le fondement
de mon amour pour Dieu, mais aussi pour
mon mari et ma famille, est ailleurs :
«L’amour est fort comme
la mort»
Ct. 8,6
Je
peux
prendre
l’exemple de
l’amour que j’ai vécu
dans ma famille. Mon père
était rigoureux et exigeant, mais
il m’a témoigné un amour immense
et fort. C’est ainsi que j’ai pu me construire
comme une fille de camisard. Mon socle identitaire
est solide, aucun mélange trouble ne vient
décolorer la nature de mon amour
pour Jésus. Ce fondement
solide, nourri par
la féminité
non
mièvre
de ma mère
et par l’amour conjugal
de mes parents, m’a donné un
noyau féminin, promesse d’épanouissement
dans le mariage chrétien. Et puis,
mon amour pour Jésus m’a
également poussée à
parler de lui
autour
de
moi.
Inévitablement,
j’ai reçu comme un
don de Dieu un amour passionné
pour un jeune homme viril et consacré
à Dieu. Ainsi, notre amour conjugal,
qui a commencé il y a cinquante ans,
reste à la fois extrêmement
sensuel et
spirituel.
L’amour
fait grandir l’espérance
Ce que je veux dire par là, c’est
qu’un fondement identitaire solide produit
un amour sain et saint pour Jésus. Et pour en
revenir à «l’amour est fort comme la mort»,
j’ai eu la très profonde conviction
que ma vie entière, du début
à la fin, était une
préparation
à la mort
et à
l’éternité.
J’ai beaucoup
médité sur les Pères
de l’Eglise et en ai tiré la
conclusion suivante : si j’éprouve
un véritable amour pour Jésus, le Christ,
mon passage de la vie à la vie éternelle
me semblera naturel. Et lorsque
je le verrai face à face,
son amour pour moi
me sera pleinement
révélé.
Nancy
Decorvet médiatrice
familiale
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