Thomas est
le type même de l’incrédule…
à qui, bien sûr, nous ne ressemblons pas!
Un apôtre qui refuse de croire Jésus vivant,
tant qu’il n’aura pas vu et touché les
marques des clous dans le corps du Ressuscité.
Lui qui a suivi Jésus durant trois ans,
qui a entendu ses enseignements,
assisté à de nombreux miracles,
et même à la résurrection de Lazare...
Comment peut-il douter
à ce point?
Portrait.
Lazare est mort
et Jésus veut le réveiller
Il dit à ses disciples:
« Allons vers lui! »
Mais au lieu de comprendre allons
au tombeau de Lazare, Thomas interprète:
« Rejoignons-le dans la mort! »
Alors il s’enthousiasme et ajoute:
« Allons, nous aussi, pour mourir avec lui! »
Thomas est un fougueux. Il est prêt à tout,
même à mourir avec son Maître,
en y entraînant les
autres disciples.
Fougueux et peureux!
Juste avant
d’être arrêté Jésus annonce aux disciples
qu’il va s’en aller. Il les encourage
à ne pas se laisser troubler:
« Croyez en Dieu, et croyez en moi! »
Mais les disciples sont inquiets.
Jésus leur paraît énigmatique
. Ils étaient sûrs qu'il serait bientôt proclamé roi,
qu’il les délivrerait de l’occupation romaine!
Et voilà qu’il leur parle de partir,
dans un lieu où ils ne peuvent le suivre...
Thomas, qui était prêt
à entraîner les autres dans la mort,
est maintenant tout inquiet:
« Seigneur, nous ne savons pas où tu t’en vas.
Comment pouvons-nous en savoir le chemin? »
Thomas a peur d’être séparé de Jésus.
Une peur très «religieuse» qui cache mal... son incrédulité!
Car Jésus vient de promettre aux disciples
qu'il reviendrait les chercher.
Mais Thomas a peur de
la séparation.
Le Maître est mort...
L'arrestation
et la mort si violente de Jésus
a effrayé les disciples. Ils sont complètement chahutés.
Ils ne s’attendaient pas à être séparés du Maître
si brutalement!
Et le comble,
c'est que le tombeau est vide…
Ils ne comprennent plus rien.
Leur premier réflexe, c’est la survie:
s’enfermer pour se protéger des Juifs, et éviter
de subir le même sort que Jésus.
Ils n’ont plus aucun projet,
c’est la déconfiture
. Mais soudain, au cœur de leur angoisse,
Jésus vient, se tient au milieu d’eux,
et leur dit à deux reprises:
« Que la paix soit avec vous! »
...et ressuscité!
Les disciples étaient à plat.
Mais la vue du Seigneur les a tout ragaillardis!
Jésus les envoie dans le monde avec la puissance de l’Esprit.
Quel changement! Jésus aurait pu les traiter de lâches…
Non, il a pitié d’eux. Il les encourage
et leur donne son autorité.
Car il sait qu’ils se trouvent
dans une situation difficile,
et qu’ils auront besoin du secours de l’Esprit
pour apporter la Bonne Nouvelle dans ce monde
. Alors, il leur insuffle la vie
du Ressuscité!
Incrédule et insécurisé
Pourquoi Thomas
était-il absent lorsque Jésus
est apparu aux disciples?
Leur solidarité
aurait-elle du plomb dans l'aile?
Quoi qu'il en soit,
Thomas ne peut pas croire aux paroles de ses amis.
Les disciples n’étaient plus que onze.
Ils avaient dû être terriblement chavirés par
la trahison de Judas.
L’horrible crucifixion de Jésus et le suicide
de Judas étaient dans toutes les mémoires
. Bonjour l’ambiance,
dans cette chambre où les disciples s’étaient enfermés…
L’absence de Thomas est peut-être
le signe d'une profonde crise.
Lui qui se proposait d’aller avec Jésus
pour mourir tous ensemble auprès de Lazare,
le voilà qui se retrouve seul... et vivant!
Tandis que son Maître est mort.
Et ce qu’il craignait le plus est arrivé:
il est séparé de Jésus.
Il a perdu toutes
ses sécurités.
Chrétien et incrédule?
Thomas avait
choisi de suivre Jésus
. Comment a-t-il pu être si incrédule?
Il a cru que Jésus était un héros politique et spirituel
. Il semble l'avoir suivi comme une idole, dans une
relation fusionnelle et avec fougue.
« Allons mourir avec Lazare! »,
s’était-il écrié, non sans un certain fanatisme.
Jamais nous ne ressemblerions à Thomas!
Et pourtant, dans nos milieux
évangéliques, lorsque
nous lisons la Bible
mot à mot,
dans une relation fusionnelle
avec le texte, sans chercher à comprendre
ce que le Seigneur veut dire...
Ou lorsque nous nous emballons
à l'écoute de sermons promettant
la prospérité et la vie facile...
ne risquons-nous pas le
fanatisme religieux?
L'amour chasse
l'idolâtrie
Le fanatisme
ne répond pas à l’amour de Dieu,
mais au désir charnel de dépasser ses limites humaines
et de maîtriser la vie... même s'il faut passer
par la mort pour y arriver!
Or, Thomas
se retrouve dans une situation
où il ne maîtrise plus rien.
Il éprouve l’angoisse et le désespoir
de perdre un Maître en qui il avait placé
tous ses espoirs personnels, sociaux
, politiques et religieux.
Au contraire
de la relation fusionnelle
avec une idole, l’amour de Dieu se vit
dans la confiance et la liberté. Quel privilège d'avoir
une telle relation avec Jésus-Christ!
Une relation qui lui a coûté
très cher: quittant la condition divine,
il a pris le rang de serviteur, se rendant obéissant
jusqu’à la mort, la mort sur la croix…
C’est le prix que Dieu a payé
pour nous délivrer de la mort.
Devant cet Amour, on ne peut pas tricher.
Impossible d'idolâtrer
le Seigneur.
L'amour chasse la peur
Thomas répond
avec incrédulité aux disciples:
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque
des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque
des clous, si je ne mets pas ma main dans son côté,
je ne croirai pas du tout! »
Chahuté par
les circonstances
Thomas refuse de croire ses amis.
Il refuse aussi de croire aux paroles que Jésus
avait prononcées juste avant sa mort:
« Non, je ne vous laisserai pas seuls
comme des orphelins, mais je reviendrai vers vous »
. La fougue de Thomas se transforme
en agressivité. Il ne supporte
pas que Jésus ne soit plus là, à côté de lui.
Au fond, il est habité par la peur de la mort.
Il n’a pas encore compris l’amour de Dieu,
cet amour parfait qui chasse
la crainte
Quand Jésus fait naître la foi...
Huit jours après,
Jésus apparaît de nouveau aux disciples,
en leur annonçant la paix.
Cette fois, Thomas est là!
Mais pourquoi Jésus apparaît-il encore
aux dix autres apôtres? En fait, Thomas n'était
pas seul dans son incrédulité:
Jésus se montre aux onze...
il leur reproche leur incrédulité
et leur aveuglement, parce qu’ils n’ont
pas cru ceux qui l’avaient
vu ressuscité
Aucun disciple
n’a cru! Leurs yeux sont trop aveuglés.
Il a fallu que Dieu leur ouvre
les yeux du cœur.
Un père,
qui demandait à Jésus de guérir son fils,
l’avait bien compris, lorsqu'il supplia:
« Je crois! Viens au secours de mon incrédulité… »
Je crois… mais je suis foncièrement incrédule!
Croire n’est pas naturel, pour notre
humanité pervertie par le péché
. En apparaissant deux fois
aux disciples, Jésus démontre
sa compassion: il a vu leur désespoir.
Il veut les encourager
et les fortifier, afin qu’ils croient
et deviennent de fidèles
témoins du Christ
ressuscité!
Douceur et fermeté
Jésus n’était pas
physiquement présent, mais il a entendu
les paroles blessantes de Thomas. Avec Dieu,
impossible de tricher.
Il entend ce que nous disons
. Jésus aurait pu déclamer
une longue accusation
sur l’incrédulité de Thomas.
Mais quels tact
et douceur il déploie,
pour inviter son disciple à croire!
Il prend la peine de le visiter.
Au cœur même de ses peurs,
il lui annonce la paix!
Pourtant, Jésus
lui parle aussi avec fermeté,
en utilisant cinq impératifs:
« Place ton doigt ici, vois mes mains,
place ta main, mets-la dans mon côté,
ne sois donc pas incrédule,
mais croyant! »
La fermeté est nécessaire
, car le doute de Thomas est sérieux:
il touche à la personne de Jésus,
à sa résurrection, au fondement même de la foi!
Jésus n'accuse pas.
Il encourage Thomas à entrer
dans une relation d’amour,
de confiance, de foi, qui implique une intelligence,
une illumination de Dieu…
bref, une relation qui conduit
à une vie nouvelle!
Thomas, un fidèle croyant!
Devant un tel amour,
Thomas s’exclame: « Mon Seigneur et mon Dieu! »
Lui qui avait été si dur dans ses propos,
le voilà saisi par la grâce de Dieu.
Il s’incline, dans l’adoration.
En accusant, Jésus aurait détruit la relation.
Mais en reprenant Thomas avec douceur,
Jésus guérit le cœur meurtri
de son disciple.
D’un homme fougueux
et fanatique, Thomas deviendra
un disciple enthousiaste! Un disciple qui n'obéira
plus à ses désirs charnels,
mais à son Seigneur.
Dans nos vies
verrouillées par la peur
et le doute, laissons le Seigneur entrer!
Recevons son amour qui chasse la crainte!
Et accueillons avec foi la bénédiction
du Fils de Dieu ressuscité:
« Que la paix soit
avec vous! »
A-C Piguet
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