première
partie du mot
vient de la racine leitos,
qui signifie public. Leitosvient d'un autre
mot grec laos, qui signifie le peuple
. De laos naîtra notre mot ‘laïc’.
• La deuxième partie du mot
vient de : ergon ;
ergon
signifie le travail
, l’œuvre. Cela donne un travail
public, un service que l’on remplit
pour le bien public.
Si leitourgeô
est le verbe, leitourgia
est le substantif. Leitourgia est un terme
technique et profane de la vie civile et politique
dans le monde grec. Il parle d’un service
d’ordre public ou patriotique.
L’état peut demander
ces services à
des
personnes
particulièrement
qualifiées, soit par leur
intelligence ou leur fortune. Ensuite,
cela peut désigner tout espèce de service
comme celui d’un ouvrier pour son
maître, ou un paysan qui
laboure à la place
d’un autre.
L’origine
de ce mot ne
nous laisse pas deviner
l’évolution que leitourgeô
va prendre pour finalement
être à l’origine de notre
mot français ‘
liturgie’.
C’est
avec la traduction
de la Septante – la Septante,
c’est l’A T qui a été traduit d’hébreu
en grec environ deux siècles
avant Jésus-Christ,
c’est donc avec
cette
traduction
que nous pouvons
remarquer dans le choix
des mots grecs l’évolution
de sens du mot
leitourgeô.
Dans
l’A T grec,
quand ce mot
est employé, c’est bien
le service à Dieu qui est désigné
par ce mot. Le livre des Nombres en
contient de nombreuses
occurrences
on parle
de l’organisation
du culte à Dieu, etdes tâches réparties
entre les différentes famille de la tribu de Lévi :
“… de tous ceux de trente à cinquante ans
qui sont tenus de faire leur service
en travaillant dans la tente
de la rencontre …”
Nb 4 : 2
Selon
le récit biblique,
cette tente a accompagné
le peuple lors de sa sortie d’Egypte
dans le désert et sert de lieu de rencontre
avec le Dieu qui s’est révélé à Moïse au Sinaï. C’est
à partir de là que le service des cultes va
se répartir parmi les descendants
de la tribu de
Lévi.
un
autre substantif
est très utilisé
: leitourgos.
Leitourgos dans la Septante
prend le sens de celui qui officie
pour le Seigneur, c’est-à-dire le prêtre,
le ministre, le liturge. Il peut être
utilisé en parallèle avec
un autre mot
grec :
iereis.
Prenons
l’exemple d’Esaïe 61,6 :
“... quant à vous, vous serez appelés
prêtres du Seigneur (iereis),
on vous nommera officiant
(leitourgos)
de notre
Dieu.”
Ou
encore dans Joël 1,9 :
“... Offrande et libation sont
supprimés dans la maison du Seigneur.
Les prêtres sont en deuil, les
ministres du
Seigneur…”
Dans le N T
• Un
premier
sens est celui de
“subvenir financièrement
aux besoins matériels liés à la
proclamation de
l’évangile”.
Dans
la seconde
lettre aux Corinthiens,
il est question d’une offrande
importante pour les chrétiens
de Jérusalem.
“ ... car
le service
de cette collecte
ne doit pas seulement combler
les besoins des saints mais faire abonder
les actions de grâces
envers Dieu.
2 Co 9,12
Dans
ce passage,
ce qui est traduit
par service, c’est diakonia
et la collecte c’estleitourgia. Ces deux mots
peuvent se trouver sur des terrains communs
de sens. Selon les contextes, leitourgia
sera aussi traduit par service.
Le mot diakonia
évoluera
en
français
dans le sens du
service pour aider l’autre,
cela donnera le mot diaconat
c’est-à-dire le service à l’autre dans un but
d’entraide, de solidarité.
Cette même collecte
est aussi
mentionnée en
Romains 15,27 : pour Paul,
il est normal que les chrétiens d’origine
païenne apportent leur contribution pour les
besoins matériels, eux qui
ont leur part de biens
spirituels.
Toujours
dans ce premier sens,
dans l’épître aux Philippiens,
Epaphrodite est un collaborateur
de Paul mais aussi celui qui vient
pourvoir à ses
besoins :
“ … Epaphrodite …
envoyé par vous pour
se mettre à mon service alors que
j’étais dans le
besoin ”
Eph2,25
Paul
explique plus loin
qu’il a reçu le don des Philippiens
apporté par ce frère en 4,18 :
“Je suis comblé,
maintenant que j’ai reçu
ce qu’Epaphrodite m’a remis
de votre
part.
Paul
ne cache pas son
besoin d’argent, mais il le relie
toujours à son lien spirituel,
à Dieu ou à Jésus
Christ :
ce n’est pas pour
son propre intérêt qu’il
a besoin d’argent mais pour révéler
la gloire de Dieu par
Jésus Christ.”
• En
parallèle des
besoins matériels,
l'apôtre parle des besoins spirituels,
il se met au service de la foi de ses interlocuteurs :
il sent sa vie menacée et parle de sacrifice :
“... même si mon sang doit être
versé en libation dans
le sacrifice et le
service
de votre foi,
j’en suis joyeux et je
m’en réjouis avec
vous tous.
Cela
rejoint la parole
de Paul au sujet d’Epaphrodite,
sur le fait que ce dernier a risqué
sa vie « pour mon
service …”
dit Paul,
avec le mot leitourgia.
C’est un service pour le
bien spirituel de
quelqu’
un.
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