Hommes
et femmes éprouvent
les mêmes sentiments, mais
n’utilisent pas le même langage émotionnel,
les mêmes codes, pour les manifester.
C’est l’un des problèmes essentiels
dans les couples.
L’homme
supporte mal les
douleurs physiques : c’est un « douillet »,
un « grand enfant », dès qu’il
est souffrant.
De même
les émotions fortes
(joie ou tristesse) l’épuisent. La vue
de la souffrance lui est intolérable. En temps
ordinaire, il est peu impressionnable et plutôt placide.
Sa sensibilité nécessite un taux élevé d’intensité
de stimulation pour être affectée.
Lorsqu’il souffre,
il a davantage
besoin
d’être compris
par sa femme que d’être consolé. Donc il n’est
pas dénué de sensibilité,
mais souvent il ne la
ressent pas,
ou plus.
On lui a tellement
appris à ne pas montrer ses sentiments !
Cependant, plus un homme
s’efforce
de
dominer
ses sentiments,
plus ils le dominent.
Son impassibilité apparente
est sa défense, qui lui permet de paraître
invulnérable. Ces mesures protectrices, ces défenses,
ont l’inconvénient de le couper de son intériorité,
de son ressenti. Il faut souvent l’écoute
chaleureuse d’un psychothérapeute
pour qu’un homme consente
à montrer
qu’il
souffre
. Lorsqu’il va mal,
il déclare : « Ce n’est rien, ça va passer. »
Il s’agite, plonge dans l’hyperactivité pour oublier
ses soucis. Si cela ne suffit pas, il somatise,
fait un ulcère,
etc.
La sensibilité
de la femme (que les hommes
qualifient de… sensiblerie) est tout autre.
Le taux de stimulation est ici nettement inférieur.
Une femme pleure sans honte, n’hésite pas à se laisser
aller, même en public. Elle ressent une riche
palette de sentiments. C’est ce qui
la rend si sensible à la qualité
de la relation
interpersonnelle
La
psychologie
féminine est souvent
pour l’homme une grande inconnue,
sa complexité l’effraie. Il conclut parfois
que la femme est simplement un être bizarre,
et devant des comportements qui le désorientent,
il dira seulement : « Que voulez-vous,
c’est une femme ! »
On a dit
que la femme est une
« spécialiste socio-émotionnelle » :
elle fait preuve d’un intérêt marqué, prioritaire,
pour les personnes et pour les sentiments
. Cela explique sa plus grande facilité
que l’homme à écouter Dieu et à
ressentir sa présence.
Par ailleurs,
lorsqu’un couple va mal,
c’est le plus souvent la femme qui prend
l’initiative de rechercher
de l’aide.
Face
à son conjoint,
la femme hésite parfois
à raconter tout ce qu’elle éprouve.
Lorsqu’elle souffre, elle a moins besoin
d’être comprise que d’être
consolée par
celui qu’elle
aime,
Nous illustrerons
les différences de sensibilité
chez l’homme et la femme par le regard
que ceux-ci portent sur une personne de sexe opposé
et par la manière de donner et de recevoir
des cadeaux.
Tout
homme normalement
constitué aime regarder une jolie femme
et apprécie son apparence physique . Contempler une
belle silhouette lui procure une
certaine satisfaction.
Cela n’entraîne
aucune
déloyauté envers
sa femme, mais le fait de s’être marié
ne l’a pas rendu aveugle !
Une femme
regarde plus rarement
un autre homme aussi franchement,
mais établit bien plus souvent des comparaisons.
En société, elle est très capable de prendre
part à une conversation animée
et de laisser son regard
se poser sur un homme
en se demandant
quel genre
de
partenaire
il ferait. S’il a une
certaine prestance et semble cultivé,
la gaucherie de son mari lui paraîtra encore plus évidente
. S’il est attentionné, le manque d’égards de son
époux lui sera encore plus flagrant.
Ce processus est parfois conscient,
le plus souvent
inconscient.
Une
autre différence,
encore plus subtile :
lorsqu’elle pénètre dans
une pièce, la femme jette un coup
d’œil rapide sur les autres femmes présentes
. Il s’agit d’un inventaire instantané, très
rapide, qui prend en compte les
vêtements,le visage, la silhouette
et la personnalité.
Même si
elle-même
est belle et pleine
de charme, elle éprouve malgré tout
le besoin de se comparer avec les autres
femmes présentes.
Cette
manière
de faire est universelle
et si peu consciente que la majorité
des femmes ne se rendent pas compte que
c’est un véritable
automatisme.
Un
homme
qui pénètre
dans une pièce ne
commence pas par regarder les hommes.
Son regard se pose automatiquement
sur les femmes qui sont là.
Il ne se demande pas
ce que les autres
hommes
vont penser de lui,
mais bien plutôt quelle
impression il va produire sur les
jolies femmes de
l’endroit.
La
manière
de donner et de
recevoir des cadeaux illustre
bien les différences de sensibilité.
Quelle que soit la valeur d’un cadeau,
il a pour les deux sexes une
connotation différente.
Une attention
de ce
genre
touche beaucoup
la femme, et elle l’accepte non
comme un objet de valeur, mais plutôt comme
un signe de reconnaissance de sa
personne, une expression
d’affection.
Elle
s’imagine
souvent que
l’homme y attache
autant d’importance qu’elle
et qu’il a la même signification
pour lui, ce qui est rarement vrai.
Si la femme a choisi elle-même ou suggéré
son cadeau, son plaisir en est diminué.
Son sentiment, c’est « qu’il aurait
pu y penser lui-même »
. De son côté,
l’homme qui aura été critiqué,
rabaissé ou défié d’une façon quelconque
par sa femme ne verra aucune
raison de lui faire
plaisir.
C.JPoujol
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