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2009-11-12T07:43:00+01:00

samaritaine (2 )

Publié par sulamite -





v.13-14:

 

Jésus n'en reste pas

au bas de la pyramide des besoins:

satisfaction des besoins vitaux

(respirer, manger, boire, dormir),

sinon on meurt.

Il sait comme nous

que la privation des besoins

est source de frustration

et de mal-être.

Une personne qui souffre,

qui est mal-adaptée,

est souvent celle qui a été privée

de la satisfaction des besoins

plus élaborés tels que la tendresse,

le droit à la sécurité,

la confiance,

le besoin d'appartenance

et d'appréciation,

l'estime de soi et la

reconnaissance...

Jésus indique qu'il est possible de
trouver la satisfaction

de tous ces besoins,

même de la soif la plus profonde,

mais de manière définitive,

de telle sorte qu'on devienne

"source d'eau" à son tour,

inducteur de satisfaction

et non plus de frustration permanente.

La femme est interpelée

par ces paroles, elle a confiance en lui et le respecte ("Kurios", "Seigneur",

pour la 2ème fois,

v.11 et 15

v.15 et ss:

elle s'ouvre, enfin,

elle peut exprimer qu'elle a une soif

très profonde,

et qu'elle en a assez de venir puiser ici.

Jésus en profite

pour évoquer le passé douloureux,

la mémoire affective blessée,

qu'il est peut-être plus facile

de refouler ou d'oublier par l'amnésie

(mais la blessure reste quand-même là).

Appel au mari; pas là.

Tu en as eu cinq,

et celui que tu as n'est pas le tien.

Démarche moitié

diplomatique moitié provocante,

mais avec finesse et délicatesse,

sans jugement hâtif

et définitif:



v.19:

elle reconnaît qu'il est prophète.

En réalité,

ce n'est pas très difficile,

tout le monde devait être

au courant ...

L'endroit (puits),

qui était lieu de souffrance,

d'isolement, devient lieu de bénédiction,

l'endroit pour régler un vieux problème,

qui remonte en surface

parce que maintenant

c'est le bon moment,

opportun et favorable

(kairos),

parce que la situation

est mûre

(pleroma),

et surtout parce que Lui

ne l'a pas ni rejetée

ni commis avec elle le péché

d'une relation trop intime basée

sur la pitié fusionnelle.

La femme s'est ouverte un peu

, puis elle se retranche

à nouveau derrière le mécanisme

de défense qui consiste

en l'appartenance tribale:

nos pères ont adoré...

 

Jésus remplace l'importance

de l'endroit et la primauté

topographique par la qualité

de la motivation du coeur,

et par la nécessité

de s'élever au-dessus

des contingences tribales

il avait déjà dit la même chose

à Nicodème:

il faut naître d'en haut,

se ressourcer auprès du père céleste

non pas pour déjà être au ciel

et y rester, mais pour puiser

en lui les forces nécessaires

au combat quotidien

de notre vie.

Finalement Jésus

se révèle comme le Messie,

les disciples reviennent

:

(ils n'ont rien compris,

comme d'habitude),

et la femme devient

inductrice d'évangile,

porte-parole et témoin

de sa propre libération,

fondée sur l'acceptation

ou l'aveu de la faute passée:

"Venez-voir un homme

qui m'a dit tout ce que j'ai fait,

ne serait-ce point le Christ"

v.28.

La reconnaissance

de la faute, de l'erreur,

consentie au bon moment

et dans les bonnes conditions,

accompagnée de l'aveu sincère,

libère et permet de réinvestir positivement

l'énergie laissée si longtemps

au repos ou utilisée à l'autodestruction.

En même temps,

la culpabilité est transformée

en responsabilité et le remords

en regret d'avoir fait

du tort à

quelqu’un.

Grâce à ce témoignage

de la femme, qui maintenant

est en voie de guérison

par un triple pardon accordé et reçu:

par rapport à Dieu,

par rapport aux autres

et par rapport à soi-même

les autres membres du village,

du clan, écouteront,

verront le changement, croiront,

puis découvriront par eux-mêmes,

que Jésus est non pas un simple prophète

ou un seigneur,

mais bien le Sauveur du monde (v.42).

Nous assistons là à l’aboutissement

d’un changement de mentalité,

d’un élargissement du champ de conscience,

qui permettra le passage d’une conception

des choses et des gens

assez limitée à un perception

plus universaliste et

englobante.

2. Implications pratiques:

Jésus est venu

pour apaiser toutes nos soifs,

toutes nos sécheresses personnelles

et collectives,

comme le montre le cheminement

de cette femme à la recherche

du temps perdu:

v. 25,

elle est en quête

, en attente, car elle aspire à la venue du Messie:

"Je sais que le Messie doit venir,

quand il sera venu il nous annoncera

toutes choses";

elle est soulagée et libérée,

comme nous le voyons

au verset 29

Venez voir un homme

qui m'a dit tout ce que j'ai fait...;

et enfin,

elle est inductrice d'évangile,

porteuse de bonne nouvelle,

v.39:

"Plusieurs samaritains crurent

à cause de cette déclaration formelle

de la femme:

Il m'a dit tout ce que j'ai fait…”

2) Il a un projet

pour chacun en particulier

et pour nous tous en tant que familles

(biologiques, sociales

et spirituelles-églises),

et invite à rentrer dans un projet,

dans une perspective d'avenir,

non par pour survivre

sous le poids de la culpabilité,

de la dette à payer

ou du plaisir à rechercher à tout prix,

mais pour vivre, dans la joie

des retrouvailles et

du bonheur à

construire,

3) le premier pas

vers le changement consiste

à accepter qu'on a été faillible

dans tel ou tel registre

chacun sait où il doit changer:

une faille dans un domaine

ne devient pas forcément

la faillite générale d'une personne

ou d'un système

puis à Lui avouer la faute,

le manquement,

en vue de la transformation

en profondeur par Lui

avant de se rendre auprès

de la personne offensée ou blessée.

La mémoire douloureuse

devient ainsi l'occasion

d'un réinvestissement porteur de sens

et d'espoir, avec toutes les nouvelles

potentialités qui

s'y rattachent,

4) Il ne condamne

pas mais libère et pardonne,

demandant en retour à ceux

qui ont bénéficié de son pardon

d'être prêts à leur tour à l'offrir,

à s'engager résolument

sur le chemin de la réconciliation

la vraie, celle qui passe

par le Fils

5) La vie

est faite de certitudes,

mais aussi d'hésitations:

celle du chrétien aussi,

avec l'exigence de vivre les certitudes,

d'éviter les erreurs

et de rectifier celles qui

ont été commises.

Ceci implique

une certaine dose de flexibilité,

de tolérance, de modestie

(ne pas se prévaloir de ce qu'on sait)

et d'humilité

savoir ce qui me manque encore

avec la capacité

d'aller vers le monde

et l'autre en l'interrogeant

pour le découvrir,

apprendre de lui grâce

aux échanges possibles entre lui et moi,

ce qui d'ailleurs ne signifie pas

que je doive renoncer à mes principes,

aux valeurs qui m'ont été transmises

et que j'essaie de partager,

6) Ainsi si le chrétien

a droit à l'erreur,

il a aussi le devoir de rectifier.

Comme le dit le philosophe Karl POPPER:

"L'homme est le seul être vivant

bénéficiant de l'extraordinaire chance

de pouvoir faire mourir ses idées à sa place...

il est vital

pour la société ouverte

de douter que nous détenions la vérité.

Mais il est mortellement dangereux

de douter qu'on puisse

la trouver...",

7) L'Eglise n'échappe pas

à cette réalité:

elle a pu se tromper.

Chacune des communautés éclésiastiques

est confrontée avec le rendez-vous

douloureux de ses propres erreurs

et de ses errements

à reconnaître et à

surmonter.

Sur ce chemin,

elle doit être habitée par ce Sauveur,

qui est déjà venu,

et qui bientôt, reviendra,

Lui "qui est notre paix...

qui a renversé le mur de séparation,

l'inimitié.."

(Ephésiens 2).

 

 


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