Jean 4, 1-4
v.4:
"il fallait qu'il passe
par la Samarie".
Ce n'était pas une obligation
géographique
ou topographique,
car il aurait pu prendre
une autre route.
Avait-il quelque chose en tête,
et si oui quoi?
Nous sommes
à une époque particulière
et à un endroit spécial,
les renseignements historiques
et les détails géographiques
dont nous disposons
dans le texte
sont riches d'enseignement:
la ville de Sychar,
au coeur de la Samarie,
en compétition avec Jérusalem,
le poumon d'Israël,
avec des questions
vitales portant
sur le
lieu:
Quel est le bon endroit pour
la vraie adoration:
la Samarie? Israël? Sychar?
Jérusalem? le Mont Garizim?
le Sinaï? Ma montagne?
Ma ville?
sur les
gens:
qui sont les meilleurs?
les Samaritains? les Juifs?
les Pharisiens?Jean-Baptiste?
Jésus?
les disciples
duquel des deux?
les croyants? les libéraux
ou les fondamentalistes?
Nous avons en tout cas
une certitude:
souvent nous croyons
que sommes meilleurs
que les gens
du monde.
Il y a très nettement
un contexte de compétition,
de rivalité: (voir les versets 1 et 2).
C'est une configuration mentale
du type diabolique,
en grec diabolos
signifiant
celui qui divise,
qui établit la rivalité
et la compétition entre les gens
rivalité aussi
et exclusion entre les lieux
qu'ils habitent,
même entre les lieux
qu'ils vénèrent dans leur mémoire
Peut-être qu'une
des raisons qu'avait Jésus de passer
en Samarie
était de changer cette mentalité
, cette rivalité, pour la métamorphoser
en réconciliation et
en coopération.
Il y a aussi
le champ de Jacob,
donné à son fils Joseph,
et surtout ce puits,
vivant dans la mémoire individuelle
de la femme,
et dans la mémoire collective
de la tribu dont elle faisait partie,
tout en se situant "à la marge"
Endroit magique,
imprégné d'une histoire passée
qu'on ne peut évoquer sans être touché,
sans vibrer,
car elle évoque avant tout
la mémoire affective.
Jésus s'y assied, fatigué
. Un détail chronologique:
c'est la sixième heure,
le soleil au zénith,
frappant dur comme du plomb.
C'est l'heure où les gens "normaux"
restent chez eux, à l'ombre.
C'est le moment propice
pour faire
des rencontres... bizarres,
avec des gens étranges:
c'est en tout cas là que vont se croiser,
une femme (pas comme les autres),
et un homme
(unique en son genre).
v.7:
"une femme de Samarie"
, encore assez anonyme,
une femme.
Jésus qui lui demande d'intervenir
dans la satisfaction
d'un de ses besoins
fondamentaux, vitaux:
"donne-moi à boire".
Pour l'autre besoin vital,
manger, les disciples étaient allés
dans le supermarché
d'à côté.
v.9:
"la femme samaritaine",
l'article défini précise un peu,
le zoom se focalise plus sur elle.
Elle se renferme pourtant
sur elle-même:
comment me demandes-tu,
à moi, femme
en plus, moi, une samaritaine,
que vous juifs vous considérez
comme des tarés,
Il n'y a pas
ou que peu de contacts
entre ta tribu et la mienne,
entre ma secte et la tienne.
C'est l'auteur lui-même,
Jean, qui pose le diagnostic:
"les juifs en effet,
n'ont pas de relations avec les samaritains".
Le texte grec dit:
pas de “synchronos”,
c'est à dire pas de synchronie,
d'harmonisation du temps,
il y a toujours un décalage à nos pendules,
aux montres de nos
histoires respectives:
c'est ou trop tôt ou trop tard,
mais jamais le moment opportun,
adéquat, pour faire quelque chose
en commun.
rivalité= mentalité tribale,
clanique, diabolique
(dans le sens de la division,
du conflit).
v.10:
Jésus, face
à ce positionnement sectaire,
tente d'élever le débat
et de débloquer la situation,
de défaire les noeuds
qui emprisonnent.
Mais elle reste,
pour le moment,
dans sa configuration mentale
de cloisonnement, dans son système mi-clos,
mi-fermé, derrière lequel
on se barricade grâce aux multiples
mécanismes de défense possibles.
v.11:
tu n'as rien pour puiser,
et le puits est profond,
d'où aurais-tu cette eau vive? "
réponse de type fonctionnaliste:
comment ça marche?
matériellement, techniquement?
Rappelle la réponse du Nicodème
au chapitre précédent
(comment retourner
dans le ventre de sa mère?).
Et toujours ce schéma
de compétition, d'inféodation
à un lieu qui prouve la supériorité
de mes ancêtres:
"es-tu plus grand que notre père Jacob...".
On est tellement bien à l'abri
des murs de séparation,
alors que lui, qui est le plus Grand,
s'abaisse jusqu'à nous
pour nous rejoindre dans l'humanité,
et invite à jeter des ponts,
pas à ériger des murs
de séparation.
....
/image%2F0554638%2F201304%2Fob_3bfaef39b11098f302fba08b1971c8ac_37030251.png)
commentaires