3. La lecture principielle
A. L’observation
Remarquons que ce titre de
«bon Samaritain»
n’apparaît nulle part dans le texte!
Ce titre oriente souvent la compréhension du lecteur
vers un comportement charitable
qu’il devrait imiter
alors que cette expression n’apparaît
même pas dans le texte.
L’autre observation étonnante concerne la question finale
de Jésus au docteur de la loi.
Si le but de Jésus avait été
de mettre en avant le thème de la charité,
à la fin de la parabole, il aurait dû demander au docteur:
«Et toi, qui est ton prochain? Qui dois-tu envisager
comme ton prochain pour te conduire comme ce Samaritain?»
Mais il lui demande une chose assez différente:
«Qui a été le prochain de cet homme blessé?»
A ce stade de l’observation,
ce n’est pas encore le temps de l’interprétation,
mais nous relevons que la question est décalée par rapport
à ce qu’on attendrait dans une perspective exemplariste,
d’un comportement charitable à imiter.
B. Le découpage du texte
Nous avons tendance, à l’instar du découpage dans nos bibles
, à n’étudier cette parabole qu’à partir
de l’histoire racontée par Jésus au verset 30.
Or ce texte commence déjà au verset 25.
En effet, cette parabole est la réponse de Jésus
à une question qu’on lui pose:
«Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?»
Il faut donc inclure cette question dans notre texte,
ne pas détacher la parabole de son écrin car cela va orienter
la compréhension de celle-ci.
C. Le contexte littéraire
Qu’est-ce qui encadre cette parabole?
Juste avant, Jésus a envoyé les soixante-dix disciples
en mission en leur disant:
«Priez donc le maître de la moisson d’envoyer
des ouvriers dans sa moisson.» (v.2)
Puis les disciples reviennent et Jésus
loue alors le Père et s’exclame:
«Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez!
Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois
ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu
, entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu» (v.24).
Le contexte précédant la parabole
est donc celui de la mission et du salut en Christ
car c’est bien de lui-même dont Jésus parle dans sa louange.
Quant à ce qui suit la parabole, c’est l’épisode
de Marthe et Marie, l’une s’affairant et l’autre restant
aux pieds du maître pour l’écouter.
Et Jésus déclare:
«Elle a choisi la bonne part»,
montrant par là même que ce ne sont pas les œuvres qui comptent
avant tout, mais l’écoute du Christ.
/image%2F0554638%2F201304%2Fob_3bfaef39b11098f302fba08b1971c8ac_37030251.png)
commentaires