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2013-03-01T08:44:00+01:00

sainte colère

Publié par sulamite -

 

 

 

 

Dans

la Bible,

« saint » signifie

mis à part, séparé

pour être rendu puissant

par Dieu. Est donc sainte la

colère qui me sépare du chaos

douloureux où je suis englouti-e, et

celle qui me sépare de ces humains hostiles,

incompétents ou indifférents auxquels

je me raccrochais désespérément.

Est également sainte la colère

qui me sépare des images

stéréotypées de

moi-même

que

sont

« victime »,

« coupable »,

« parfait-e », « maudit-e »,

« gentil-le », etc. Est sainte,

encore, la colère qui me sépare

de ces représentations mortifères de Dieu

dont j'avais si longtemps nourri ma foi

et que je me donne enfin le droit

de rejeter. . Le chapitre

24 de Job est un

modèle du

genre,

d’une modernité

étonnante : est sainte

la colère qui rompt avec tout

système philosophique ou religieux

que contredit l'expérience des humains,

et même, l'expérience d'un seul être humain.

Si l’on en croit le livre de Job, la sainte

colère d'une seule personne

est susceptible de

désamorcer

toute

une idéologie

religieuse et sociopolitique,

et les comportements intégristes

qui en découlent !

 Au ch.

24 ,

 commente

R. de Puny, Job va

d'une manière impressionnante

étendre au domaine social le réquisitoire

qu' il dressait au sujet de son drame personnel

. Son propre malheur n'est pas sa seule

occasion de révolte, mais non

moins celui de tous les

pauvres,

de tous

les

exploités. […]

Nulle part ailleurs

on ne trouve autant de

matériaux anti-religieux que

dans la Bible [...]. Le procès que la pensée

moderne intente à Dieu n'est qu'un

faible et dérisoire écho de

celui que Job lui

intente

 

 

sainte-colere-jacob-job-jesus.jpg



 

 

Une

sainte

colère n'en

reste pas au simple

plaisir de refuser et de se

séparer. Puissance de libération

par rapport à tout le mal qu'on a subi

et intériorisé, elle vise en fait autre chose

qu'elle-même: elle est le sésame de cette

violence paradoxale qui ouvre à la prise

de conscience imprévisible du pouvoir

de pardonner. Puissance de refus

de tout ce qu'on n'est pas

essentiellement, elle

tend à mettre

fin aux

dysfonctionnements

aliénants et à faire accéder

à la paix de l'être. Dans la Philocalie

des Pères , Isaïe l'anachorète note

que « sans colère il n'y aurait pas de

pureté chez l'homme, s'il ne

s'irritait pas contre tout ce

qui est semé en lui par

l'Ennemi

 [...]. 

 

L Basset

 

 

 

 

 




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