Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

2010-01-27T08:02:00+01:00

rejet

Publié par sulamite -


 

 

Lc 4 : 21

 Il commença alors

par leur dire:

« Aujourd'hui, cette Écriture se réalise

pour vous qui l'entendez. » 

22 Tous les assistants lui exprimaient leur admiration;

ils s'étonnaient des paroles pleines de grâce qu'il prononçait.

Ils disaient: « N'est-ce pas là le fils de Joseph? »

  23 Jésus leur dit:

« Vous me répéterez sûrement ce dicton:

'Médecin, guéris-toi toi-même!'

Tout ce qui est arrivé à Capharnaüm, à ce qu'on dit,

fais-le encore ici dans ta patrie! » 

24 Puis il ajouta

: « En vérité je vous le dis, aucun prophète

n'est bien accueilli dans sa patrie. 

25 Je vous l'affirme, il y avait beaucoup de veuves,

en Israël, au temps d'Élie, lorsque le ciel demeura fermé

durant trois ans et six mois et que tout le pays

connut une grande famine. 

26 Pourtant, Élie ne fut envoyé à aucune

de ces veuves; il alla plutôt dans le pays de Sidon,

chez une veuve de Sarepta. 

27 Il y avait beaucoup de lépreux en Israël

au temps du prophète Élisée.

Pourtant, aucun d'eux ne fut guéri;

mais le Syrien Naaman l'a été. » 

28 Toutes les personnes de la synagogue

furent remplies de colère en entendant ces paroles. 

29 Elles se levèrent, le chassèrent hors de la ville

et le traînèrent jusqu'à un escarpement de la colline

sur laquelle leur ville était bâtie; ils voulaient le précipiter en bas

. 30 Mais il passa au milieu d'eux et

continua son chemin 


Pourquoi Jésus

provoque-t-il l’assemblée et retourne-t-il

contre lui un auditoire qui semblait plutôt favorable?

Et en quoi le rappel de deux épisodes bien connus

de l’histoire d’Israël a-t-il quelque chose

de si choquant qu’il déclenche

une hostilité qui va jusqu’à une

tentative de meurtre?



 Ce passage d’évangile est inséparable

de ce qui le précède immédiatement

Lc 4; 14 à 20


Luc veut inaugurer le ministère public

de Jésus par un discours programme où il va donner

le sens de sa mission en se référant au livre d’Isaïe

 Lc 4, 18-19; cf. Is 61,1 et 58,6

Il ne cache pas que Jésus

avait déjà pris la parole auparavant et qu’il

avait obtenu un certain succès

Lc 4, 14-15

L’épisode de la synagogue de Nazareth joue,

dans l’Évangile de Luc, un rôle comparable à celui

des béatitudes dans l’Évangile

de Matthieu 

Mt 5, 3-12


Tous lui rendaient témoignage

v. 22

La première réaction de l’auditoire

est sympathique. Rendre témoignage à quelqu’un se comprend

le plus souvent dans un sens favorable.

Par ailleurs, rien, dans le discours de Jésus,

n’est de nature à choquer ses concitoyens.

La parole de l’Écriture dont il annonce l’accomplissement

est une bonne nouvelle pour les pauvres,

les captifs, les aveugles

. Les habitants de Nazareth avaient lieu de croire

qu’ils étaient les premiers concernés par ce message de libération

. L’étonnement suscité par Jésus est

souvent coloré d’admiration

cf. Lc 8, 259,4311,14

 


et cela se comprend bien en la circonstance

puisque ses propos sont reconnus comme paroles de grâce,

une expression propre à Luc qui désigne la

Bonne Nouvelle du salut

cf. Ac 14,320,32



     L’enthousiasme n’est quand même pas total.

Il subsiste une question concernant l’identité du messager :

 N’est-il pas le fils de Joseph?

 Cette interrogation est attestée dans les quatre évangiles

cf. Mt 13, 55Mc 6, 2-3

Jn 6, 427,27.41-42



Elle sous-entend que Jésus

n’est pas qualifié pour la mission qu’il s’est octroyée

cf. Jn 7, 16-17


Le même doute affectera

les premiers missionnaires chrétiens au début de l’Église

cf. Ac 4, 13-14



Les réserves des habitants de Nazareth

ne sont pas seulement un souvenir du passé;

au moment où Luc écrit son évangile la question

est sans doute encore

d’actualité.

 


Médecin guéris-toi

toi-même

(v. 23).

Il est bien possible

qu’il ait existé une forme de rivalité entre Nazareth et Capharnaüm,

deux petites villes de province situées à peu

de distance l’une de l’autre

(environ 35 km à vol d’oiseau).

Jésus a des raisons

de croire que ses concitoyens jalousent

les gens de Capharnaüm pour lesquels il a fait des miracles.

Ne devrait-il pas en faire autant chez lui

et même accorder un traitement de faveur à ceux et celles

au milieu de qui il a grandi?

Cette querelle un peu mesquine

va lui fournir l’occasion de révéler un autre aspect fondamental

de sa mission : l’universalité.



     Le message de libération

du livre d’Isaïe s’adressait d’abord aux exilés que le roi de Perse,

Cyrus, venait d’autoriser à rentrer dans

le pays de leurs ancêtres

(538 A.C.).

Par la suite il fut toujours relu comme une promesse

d’un avenir meilleur 

lors des nombreuses épreuves subies par le peuple juif.

Lorsque Jésus le proclame de nouveau

et surtout lorsqu’il en annonce l’accomplissement pour aujourd’hui 

, ses auditeurs devaient s’attendre au déclenchement imminent

d’un grand mouvement de libération, peu importe la forme

que cela pouvait prendre.

Mais voilà qu’il oriente l’interprétation du discours

dans un sens tout à

fait différent.



     Plutôt que d’entreprendre une explication théorique

concernant l’ouverture du salut aux nations païennes

(et donc même aux Romains)

Jésus rappelle deux épisodes bien connus de l’histoire.

En ouvrant les frontières de la Bonne Nouvelle

il ne pose pas un geste inédit,

révolutionnaire ou blasphématoire,

il porte simplement à son plein accomplissement ce qui était contenu

en germe dans les gestes posés par Élie et Élisée

vv. 25-27



. Non seulement les gens de Nazareth

n’auront droit à aucun traitement de faveur par rapport

à ceux de Capharnaüm mais les Israélites ne seront pas privilégiés

par rapport aux païens.

Les pauvres auxquels s’adresse la Bonne Nouvelle,

ce sont tous les enfants de Dieu, peu importe

leur origine ethnique.

 


Tous devinrent furieux

v. 28

     Même si l’Ancien Testament

ne manque pas d’exemples d’ouverture aux étrangers

(voir, par exemple, l’histoire de Ruth)

la tendance isolationniste finit par prévaloir

voir, par exemple :

 Esdras 9—10;

Néhémie 13, 23-29


À l’époque romaine il est certain

qu’un fort courant nationaliste agitait la population;

il déboucha, en 66, dans la première révolte,

au cours de laquelle Jérusalem et son temple furent détruits en 70.

Dans ce contexte, la position de Jésus

pouvait apparaître comme une pure provocation.

Luc illustre, dès le début de son évangile,

le conflit fondamental qui oppose Jésus

à ses compatriotes juifs :

d’un côté l’annonce d’un salut universel,

de l’autre une conception strictement nationale

de l’élection divine et des privilèges

qui s’y rattachent.

     Dès ce moment la vie de Jésus est menacée.

Déjà la passion se profile à l’horizon.

Luc mentionne, sans donner de détails que

Jésus échappe à ses agresseurs.

Sa connaissance des lieux, où il était sans doute

venu souvent durant son enfance,

facilite sa fuite.

Mais pour l’évangéliste cette évasion annonce déjà la résurrection.

Dans l’affrontement avec les chefs de sa nation

Jésus semble perdant,

puisqu’il est condamné et exécuté;

en fait il est le grand vainqueur puisque

Dieu le ressuscite des morts.

 


Ne tremble pas devant eux

Jérémie 1, 17

     La tradition chrétienne a établi très tôt un parallèle

entre Jésus et Jérémie, le prophète mal aimé par excellence.

Son auditoire fut principalement la population

de Jérusalem et des environs

v. 18

à son époque, c’était tout ce qui restait

du Royaume de Juda –

mais Dieu l’envoie comme prophète pour les peuples 

v. 5

Une partie importante de son livre

est constituée par les oracles contre les nations 

Jr 25, 13b-38;

 46,2—51,64.


Leur contenu est fait principalement de menaces

et d’annonces de malheur.

Néanmoins, ils signifient que Yahvé exerce sa souveraineté

sur toute la terre et que le sort des peuples

étrangers ne lui est pas indifférent.

     Lorsque Jésus déclare

 aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays 

Lc 4,24

, il pense sans doute au sort de Jérémie,

objet de l’hostilité de ses contemporains

, même de ses proches

cf. Jr 20, 7-18


Pourtant, malgré toutes ses difficultés,

il n’est pas abandonné de Dieu qui lui promet sa protection : 

Je suis avec toi pour te délivrer (v. 19).

Jésus aussi sait qu’il peut compter sur son Père;

en toutes circonstances, même dans la mort,

Dieu est avec lui

cf. Ac 10, 38



 

commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon Blogger Template | Gift Idea - Hébergé par Overblog