Le livre
des psaumes
dans le canon hébreu,
couronne la troisième division majeure
de l’Ancien Testament,
les Ecrits
Les Psaumes viennent
après les Prophètes et les
livres prophétiques succèdent
au Pentateuque
Cette division tripartite,
dans cet ordre,
est celle connue du Nouveau Testament.
Jésus, se référant aux Ecritures,
parle de la Loi, des Prophètes
et des Psaumes
Lc 24:44
La position des Psaumes,
après les prescriptions mosaïques
et les prédications sur celles-ci faites par les prophètes,
est significative.
C’est la réponse de recueillement
du peuple de Dieu.
Après avoir entendu la Loi et les Prophètes,
il rend un culte au Dieu créateur
et rédempteur pour
sa grâce.
Les Psaumes
mettent en valeur la médiation de cette grâce,
médiation que Dieu a suscitée
entre lui et son peuple,
médiation exercée par de
multiples médiateurs-messies,
les oints, les prophètes, les prêtres et les rois.
Cette médiation s’accomplit
dans le ministère du Christ, du Messie,
unique Médiateur dans son office
de Prophète, Prêtre et Roi.
A l’intérieur des livres du Psautier,
les cantiques sont regroupés par thèmes
et par usage liturgique;
par exemple,
les cantiques des montées destinés,
semble-t-il,
aux fêtes sacrées de pèlerinage à Jérusalem
Dans son contexte canonique,
le Psaume 133
figure dans une collection de quinze Psaumes,
120 à 134,
chacun intitulé shîr hamma’alôt,
“cantique des montées”
Quant au Psaume 133,
à celui qui le précède et à celui qui le suit,
respectivement les Psaumes
132 et 134,
ils partagent trois mots ou thèmes.
Aucun autre Psaume des montées
ne possède ces trois éléments.
Au niveau littéraire,
ces trois Psaumes se trouvent “unis ensembles”
comme les “frères”
du Psaume 133.
Voici les éléments qui relient ces triplés:
Un mot se référant
à ceux qui exerçaient le ministère sacerdotal:
prêtres
132: 9, 16
serviteurs (‘abadîm)
officiant (‘omdîm) dans le temple
134: 1
Aaron, l’archétype
de tous les Lévites-prêtres,
le père de tous les prêtres-frères
qui lui succéderaient
133: 2
La mention de Sion
132: 14; 133: 3; 134: 3
Les termes bénir ou bénédiction
en liaison avec Sion,
d’où Dieu bénit son peuple
132: 15; 133: 3; 134: 1, 2, 3
Chaque livre du Psautier
se termine par une doxologie,
la première par exemple:
“Béni soit le Seigneur, Dieu d’Israël
depuis toujours et pour toujours,
Amen, Amen.”
41:14
Les similitudes
entre ces trois Psaumes
soulignent l’importance du ministère sacerdotal
et son rôle de médiation
de la bénédiction divine;
dans le Psaume 133,
la bénédiction de la vie à jamais.
A l’intérieur de ce Psaume
, plusieurs procédés littéraires mettent
en évidence que l’expérience
des frères
au verset 1
et la bénédiction
au verset 3
sont étroitement liées l’une à l’autre.
Les similitudes sémantiques,
sonores et syntaxiques
nous invitent à lire ces deux lignes parallèles
comme se faisant écho l’une à l’autre
L’unité des frères
a trait à la grâce de la vie pour toujours.
A l’intérieur de ce cadre,
deux images sont dévoilées:
“huile” et “rosée”.
Ces deux symboles sont les sujets
du même verbe.
La triple répétition de ce verbe
“descendre”
crée un mouvement
allant de haut en bas.
D’abord, c’est l’huile
qui descend de la tête d’Aaron
vers sa robe en passant par sa barbe,
et puis la rosée qui descend
du mont Hermon au nord
jusqu’aux montagnes
de Sion au sud.
Cette emphase
sur la “descente” des symboles
souligne le fait que la symbolisée,
en l’occurrence l’unité
de ces frères dans la bénédiction
de la vie à jamais,
ne vient que d’en haut.
C’est une grâce et non pas un dû.
Ce mouvement descendant
conduit à la conclusion.
Ce qui unit ces frères
est une bénédiction commune.
Ils sont frères, dans un premier temps,
parce qu’ils sont bénéficiaires du même héritage:
la vie à jamais.
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