Quand
je pense à
l’Eglise,je la voudrais
telle qu’elle n’est pas : attirante,
engageante, percutante, militante, sans
doute aussi variée et universelle, secrète
et évidente, riche et nourricière,
pauvre et véridique,
surprenante
et solide.

Bref,
j’aimerais,
mon Dieu, que ton
Eglise, qui est notre Eglise,
m’offre tout ce que je ne lui donne pas.
Tu la connais aussi bien et mieux que moi
cette Eglise qui fume souvent à peine
comme une bougie épuisée.
Tu la connais trop
petite pour ta
grandeur
et
trop
grande aussi
pour notre petitesse, une
Eglise mal aimée et du coup mal
aimante, une Eglise dont la fidélité devient
répétitive et l’infidélité habituelle, une Eglise
qui se paie de mots et qui contribue
à enténébrer la vie de bons
sentiments
inutiles
et
d’accusations
décourageantes.Alors,
mon Dieu, fais que je cesse
de blâmer l’Eglise, pour me dispenser
moi-même d’y travailler. Fais que je cesse de
lorgner ses déficiences, par le trou de la serrure,
pour me protéger moi-même de franchir
sa porte. Fais que je quitte le banc
des spectateurs et des moqueurs
pour m’asseoir au banc
des acteurs et des
célébrants.
Car
ainsi seulement
je m’arrêterai de regarder
ton Eglise, qui est notre Eglise
pour y vivre avec les
autres.
A Dumas
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