«O Eternel,
nous espérons en toi!»
Jer 14:22
«Mon âme
attend le Seigneur,
«Plus que les gardes n’attendent le matin,
«Oui, plus que les gardes
n’attendent
le matin.»
Ps 130:6
Le pire état
est celui de l’homme qui n’attend rien.
Attendre est la raison de vivre.
Celui-là est heureux qui vit
de ce qu’il attend.
La Bible,
dans toutes ses pages,
présente le croyant comme un homme
qui attend: sentinelle qui guette
le matin de Dieu.
Ne jamais
se contenter de ce qu’on est,
ne jamais se replier sur soi-même,
se vouer à une attente qui élargit
nos facultés d’aimer, de vouloir,
et qui nous élève vers un idéal auquel,
par avance, nos âmes se sont destinées
voilà la vocation du chrétien
et sa noblesse, voilà qui l’oriente vers
les célestes perspectives
. «Oh! si tu déchirais les cieux
et si tu descendais!»
Ce qui est vécu est mort.
C’est ce qui nous reste à vivre qui détient
toute notre espérance et quand cette espérance
est une promesse de Dieu, quand elle
est attestée à nos coeurs par
des arrhes divines,
quelle puissance illuminatrice
sur le chemin de la terre enténébrée
par notre péché et encombrée
de nos illusions
perdues!
Mais le chrétien
ne doit pas se résigner
à attendre, de peur d’oublier ce qu’il attend
. Sans cesse par la prière il doit demander
à Dieu de réaliser sa promesse,
d’accomplir en nous
ce que Jésus,
sur la croix, a accompli pour nous,
de hâter la venue de nouveaux cieux
et d’une nouvelle terre où la justice habitera
.Que dis-je:
la prière ne se contente pas
de demander; par la foi,
vive représentation de l’invisible
elle va au-devant de ce qu’elle demande,
elle s’y implique, elle s’y installe,
et le prieur s’avance dans un halo
qui met sa clarté sur tout
ce qui l’entoure.
C’est là le propre
de la prière que de nous tenir
le front levé, le coeur aux aguets,
l’âme lumineuse, et, dès ici-bas,
de nous faire vivre dans le
climat de
Dieu.
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