Prier,
c'est s'exposer à Dieu
comme on s'expose au feu,
au soleil,
à la lumière.
Dieu
est invisible aux yeux,
mais il devient visible
à l'âme qui prie.
Prier,
c'est mourir et vivre,
c'est mourir dans toute une zone
de nous-mêmes,
où nous ne sommes que trop vivants,
mais secs, agités, stériles.
C'est naître
dans toute une vertigineuse profondeur
où notre âme paralysée
se remet à frémir,
comme le sang recommence à couler
dans un membre engourdi.
Ca fait mal,
ça fait mal, lentement mal,
mais c'est le mal qu'on éprouve
à naître ou à
redevenir vivant.
Dans la prière,
lentement, Dieu surgit,
Dieu agit,
Dieu se manifeste.
Dieu devient Dieu en nous.
Et tous les nœuds
se défont, les montagnes sont soulevées.
On ne sait
comment cela s'est fait,
mais il est vrai que maintenant
elles flottent comme les nuages
autour de nous,
on pourrait souffler dessus,
les écarter du doigt.
Il est vrai que la prière
soulève les
montagnes,
et qu'elle nous fait marcher
sur les eaux.
L. Evely
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