Le
directeur
d’une collection
d’ouvrages sur la vie des
groupes fit un jour une expérience
intéressante. Durant les journées d’un congrès réunissant
quelques centaines d’adultes, il mit
en vente deux brochures de
même volume, de même
prix, de même
présentation
L’une
s’intitulait :
Comment diriger une réunion?
L’autre Comment participer à une réunion?
On vendit quatre-vingts exemplaires de la
première brochure et seulement dix
de la seconde.
L’histoire
risque d’avoir un
côté cruel, les groupes
réels comportant au contraire
un seul animateur pour huit ou douze participants.
Elle n’est pourtant qu’amusante : en fait, les attitudes
d’un bon participant ressemblent fortement
à celles d’un bon animateur. Bien
plus, un groupe qui se développe
harmonieusement
aboutit
souvent à une
pluralité fonctionnelle
d’animateurs qui, tour à tour,
selon leurs intérêts et leurs talents,
assument des segments d’animation pour
des périodes plus ou moins longues
. Ainsi devenir un meilleur
animateur, c’est
apprendre
du même coup
à devenir un meilleur
participant.
Comment
devenir un meilleur
animateur de groupe ?
Commencez par vous demander :
quelle est ma visée? qu’est-ce que je cherche
quand j’accepte d’animer de telles réunions?
Cette question, adéquatement comprise,
se développe inévitablement dans
deux directions : théorique ou
normative
(ce que
je veux rechercher :
mon inspiration humaine
et chrétienne de base) – empirique
ou psychologique (mes tendances de fait,
parfois conscientes et explicites, parfois latentes
sous mes manières d’agir). De cette confrontation
entre mes visées idéales et mes conduites
pratiques, naîtra l’incessant
besoin de
perfectionnement
qui, peut-être, trouvera
quelque secours dans les méthodes
et les techniques de cette science psychologique
encore jeune : la dynamique des groupes.
Celle-ci se présente donc d’emblée
au niveau qui est le sien :
celui d’un instrument
qui, sans perdre
sa
consistance
propre (car les lois
psychologiques, même inaperçues
ou niées, demeurent ce qu’elles sont),
demande pourtant d’être utilisé et peut-être
infléchi dans le sens du but
poursuivi.La visée
de
l’animateur
chrétien sera de :
promouvoir un réseau
de communications et un climat
d’échanges, favorables au progrès chrétien
des participants dans leur relation au groupe. En tant
qu’animateur de groupe, un chrétien n’est
directement responsable que d’une
certaine ambiance de participation,
s’exprimant la plupart du
temps au plan
verbal
(la communication)
, où la croissance humaine
et chrétienne (mystère de grâce) devrait
pouvoir trouver un stimulant et une
manifestation
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