Mais je m’en voudrais
de ne sortir
de ce texte
qu’un discours théologique,
alors même qu’il résonne si fortement
dans notre actualité.
Je me suis jusqu’ici concentré
sur l’offensive de Dieu sans parler
de l’intervention
de Tsipora
Alors que
la circoncision est une
affaire masculine :
ce sont les hommes qui circoncisent,
voilà que Tsipora
qui est étrangère se mêle
de circoncire son fils.
Et par ce geste,
qui se moque de toute bienséance,
de tout rituel,
de toute règle, elle met
un terme au cycle de violence,
de mort, d’agression.
Par cette irruption
au cœur d’un système très masculin,
elle ouvre une brèche,
une possibilité nouvelle.
Cette irruption féminine
évoque forcément ces irlandaise,
ces israéliennes et palestiniennes,
ces Mères de la place de mai,
de toutes ces femmes qui
à travers le monde luttent pour la paix
et la justice,
souvent dans des sociétés
complètement dominées par les hommes.
Le texte ne nous fait pas
un panégyrique des vertus féminines,
et c’est heureux parce que ces éloges
tournent toujours à
la caricature.
Non, ce texte
nous dit simplement que faisant fi des
loi des hommes,
Tsipora, une femme étrangère
a agit et ainsi sauvé une vie.
Qu’elle soit bénie pour ce geste
et que mémoire lui
soit faite.
Sœurs,
que le geste de Tsipora soit le vôtre,
un geste qui sait rompre
les règles figées pour ouvrir
un chemin de vie,
un geste qui place l’homme
face à ses responsabilités.
Frères, que le geste de Tsipora
nous rappelle,
qu’une moitié de l’humanité
ne pense ni ne réagit tout à fait
comme nous
et que cette différence fait parfois
la différence entre vie et mort.
Que ce geste nous rappelle
que nous pouvons nous aussi,
à notre manière poser des gestes
de vie et d’ouverture.
Frères et sœurs,
que la croix nous rappelle
qu’un geste de vie a été posé
pour nous tous et que
si notre Dieu est offensif,
c’est contre le mal et pour la vie
qu’il mène son
offensive.
E George
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