Il en va
de la guérison de la
personne par la guérison de ses oreilles
. Une personne rétablie dans sa relation à autrui.
Des oreilles maintenant ouvertes pour entendre
la Bonne Nouvelle et en être
renouvelée.
Et pour
le Jésus de l'évangile
de Luc (22,49-51), il n'y a pas d'oreille
incurable. Ainsi, alors qu'une troupe vient
arrêter Jésus, ses disciples veulent
le défendre arme
au poing :
“Voyant
ce qui allait arriver,
ceux qui étaient avec Jésus dirent :
«Seigneur, devons-nous frapper avec l'épée ?»
Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre
et lui emporta l'oreille droite.
Mais Jésus dit : «Laissez,
ça suffit !»
Puis il
toucha l'oreille
de l'homme et le guérit.”
Jésus guérit donc même les oreilles
de ses ennemis, ceux qui veulent l'arrêter pour le
mettre à mort. Image de l'ouverture
toujours possible à la Bonne
Nouvelle pour
quiconque.
Si les
humains ont de
s oreilles, image de l'ouverture
à la parole de DIeu, suivant la même métaphore,
Dieu lui aussi a des oreilles ! ... Ainsi on peut lire dans la
lettre de Jacques (5,4), un passage dans lequel
l'auteur s'enflamme contre les riches qui
exploitent les petites gens :
“... Il crie, le salaire
dont vous avez frustré les ouvriers
qui ont moissonné vos champs ; et les clameurs des
moissonneurs sont parvenues jusqu'aux
oreilles du Seigneur de
l'Univers.”
Et dans
la première lettre
de Pierre (3,12) citant le Psaume 34 (v.16) :
“... car le Seigneur a les yeux sur les justes, et ses
oreilles
sont attentives à leur prière ;
mais la face du Seigneur
est contre ceux
qui font le
mal.”
L'oreille
de Dieu est ici
l'image de l'attention qu'il porte
aux plus humbles exploités et opprimés
par les puissants. Un Dieu “parole”
, qui est donc aussi un Dieu
qui écoute
en grec
le mot “oreille” ous
est contenu dans le verbe “écouter” akouô.
On entend le mot ousdans notre mot
français “acoustique”...
Le verbe grec
akouô
(“écouter”) est composé
à partir de deux racines :
akqui signifie ‘pointu’ ...
et ousqui signifie
‘oreille’.
Littéralement, akouô
c'est donc “oreille pointue” ; et écouter,
c'est “avoir l'oreille pointue”
; “pointer l'oreille”.
En passant
par le latin, la racine
grecque ak (= ‘pointu’), a donné
par exemple en français : le mot “acuité”,
c'est-à-dire le pouvoir de
perception d'un organe
sensitif...
Ce mot akouô
signifie donc ‘entendre’ ou
‘écouter’, mais aussi ‘apprendre’ et
‘comprendre’ précisément. On retrouve
cela en français avec des expressions comme
“j'entends bien”, ou "l'entendement"
qui désigne la compréhension.
Le mot akouô peut
même parfois
signifier
‘obéir’, rappelant
ainsi l'appel du Deutéronome
(6,4-5) dans la Bible hébraïque : Shema Israël
!“Ecoute Israël !”Un “écoute Israël”,
qui n'est pas l'invitation
à une écoute passive
, mais à une
écoute attentive, ainsi
qu'un engagement à l'obéissance.
Et tout cela passe par les
oreilles.
Ainsi,
Marc, attire
l'attention sur la façon
dont les disciples de Jésus, ses auditeurs,
et nous-mêmes, lecteurs de l'évangile entendons
les paraboles. Ce chapitre contient 13 fois
le verbe akouô“entendre”, et il
est ponctué par la formule
«Celui
qui a des
oreilles pour entendre,
qu'il entende !»
Dans ce chapitre,
Jésus raconte la parabole
d'un semeur qui sème la semence dans
différents terrains. Une semence qui figure la parole
de Dieu, et différents terrains qui figurent nos oreilles
plus ou moins bien disposées à entendre,
écouter, apprendre, ou
comprendre
la Parole.
C'est pourquoi
Jésus poursuit (v.24) :
«Prenez garde à ce que vous
entendez.»
Dans tous ces textes bibliques évoqués, la question
posée au lecteur est donc : Comprends-tu ce que
tu entends ? Que fais-tu de ce ce que tu comprends ?
quelle place accorde-tu à l'écoute ?
L'écoute de la Parole,
l'écoute de l'autre,
l'écoute de
l'Esprit ?
que
fais-tu de tes
oreilles ?
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