LEUR COMPOSITION.
Aux temps anciens,
les noms propres hébreux
sont des noms communs
Adam = homme,
Laban = blanc,
Rachel = brebis,
Tamar = palmier,
Débora = abeille
Les formes agglutinantes
de l’hébreu
permettaient de concentrer
en un mot bref les allusions
les plus diverses:
Ruben = voyez un fils,
Jédida = bien-aimée,
Réhum = pris en pitié,
Baruc = béni,
Naomi = mon délice;
Salomon, de la racine
signifiant «paix», etc.
Mais le plus grand nombre
des noms propres de l’A.T,
sont des mots composés,
voire des phrases complètes,
dont la plupart «théophores»
, c-à-d, renfermant
une appellation de Dieu,
surtout El = Dieu,
ou Jah = JVHH,
ou sa désignation
par une proche parenté:
frère, père, oncle, roi, maître, etc.,
ou une allusion claire
dans le sujet sous-entendu
d’un verbe à la 3° personne:
Joseph =[ II] a ôté, ou augmenté,
Nathan =[ II] a donné
(abrév, de Jonathan = JVHH a donné,
ou de Nathanaël = El a donné);
Abiel = Dieu est père,
Abija = JVHH est père,
Abitub =[ Dieu] le père est bon,
Eliam = Dieu est oncle
(nom retourné en Ammiel),
Élimélec = mon Dieu est roi,
Malchija = JVHH est mon roi,
Adonija = JVHH est maître,
Ézéchiel = Dieu est fort, etc.
Tous les peuples sémites
ont ainsi adopté des noms théophores
avec ceux de leurs grands dieux:
en assyr. Assour, Nébo;
en araméen Hadad;
en phénic. Astoreth;
en égypt. Amon, Thot, etc.
En hébreu la variété
des combinaisons possibles est très riche;
même sans connaître cette langue,
il est facile de reconnaître
les éléments composants El et JVHH,
soit au commencement
soit à la fin de nombreux noms propres
(El..., Jéh..., Jo...; el,...ja).
Lors de la restauration juive
au retour de l’exil,
apparaissent des noms plus compliqués,
véritables professions de foi
que l’on a pu comparer
aux prénoms bibliques recherchés
qu’affectionnaient les Puritains ou,
encore aujourd’hui,
les néophytes de certains
milieux pieux
Tob-Adonija = le Seigneur JVHH est bon
2Ch 17:8
Eljoénaï = à JVHH sont mes yeux
1Ch 3:23, etc.
Bésodia = dans le conseil de JVHH
Ne 3:6
, Betsaléel = à l’ombre protectrice de Dieu
Ex 31:2
Il n’est pas jusqu’à la nomenclature
de 9 frères
1Ch 25:4
qui ne constitue toute une
prière à JVHH
N’y a-t-il pas
quelque chose de significatif
et d’émouvant dans ce besoin
de la piété des pères et des mères,
de consacrer leurs enfants au Seigneur
en plaçant d’avance tout leur avenir
sous le signe d’une devise de croyant?
Sans doute,
cette coutume n’en présentait
pas moins un risque de formalisme
dans lequel le judaïsme est
trop souvent tombé,
revenant ainsi,
par ses formules mêmes de piété
savamment élaborées,
à la même erreur que les païens
et les incantations magiques
relatives au nom
de leur dieu.
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