Dieu a voulu utiliser
des femmes pour exécuter
son plan sur la terre
Une action individuelle
peut avoir quelques effets positifs,
mais quand celle-ci est menée à plusieurs,
elle peut alors prendre des proportions insoupçonnées…
Un pays tout entier – un peuple tout entier –
peut en être bouleversé
à jamais.
Le début du livre de l’Exode
nous présente cinq
femmes remarquables qui,
toutes, ont un lien avec Moïse,
le futur libérateur d’Israël : deux sages-femmes,
la mère de Moïse, sa sœur et la fille de Pharaon
. Isolée, leur action n’aurait pu aboutir ;
mais, à tour de rôle,
chaque femme est entrée dans l’histoire,
et par leur action conjuguée,
la détresse de l’une s’est transformée
en bonheur de toutes.
Entrée en résistance
Face à l’ordre inhumain
du Pharaon, les deux sages-femmes
dont l’une avait nom Shiphrah et le nom
de l’autre |était| Puah
n’ont pas longtemps hésité :
librement et courageusement,
elles se sont opposées au Pharaon tout-puissant.
Entre la vie et la mort des nouveau-nés,
il n’y a pas longtemps à réfléchir :
pour ces femmes, c’était clair,
il fallait sauver les bébés,
il fallait désobéir pour protéger les plus faibles,
et quoi de plus faible qu’un nouveau-né ?
Leur métier est de mettre les bébés
au monde, pas de les enlever du monde…
Ces femmes ont dit oui à la vie,
quitte à risquer leur
propre vie.
Belle action, oui,
mais l’ennemi est rusé :
qu’ils naissent les garçons, puisque
« leurs mères sont pleines de vie et rapides à enfanter »,
mais qu’on les jette ensuite
dans le Nil !
Mère courage
Les sages-femmes
n’ont pas pu enrayer le mal.
Une autre femme, alors, va prendre le relais :
la mère de Moïse.
Elle aussi privilégie la vie,
elle aussi cherche une solution
pour sauver son enfant.
Elle le cache pendant trois mois,
mais elle sait bien qu’elle ne pourra pas le dissimuler
très longtemps. Un soir, quelqu’un entendra
les cris du garçon… Alors, que faire
? Une mère en détresse
réagit souvent avec une intelligence
et une force décuplées.
Par amour pour quelqu’un,
on est capable de trouver des idées extraordinaires.
La mère a une de ces idées géniales.
Elle construit une petite embarcation
pour son fils, elle la pose sur le fleuve,
elle confie son enfant à Dieu comme un cadeau,
peut-être comme une
ultime prière…
Elle a fait ce qu’elle a pu, la mère ;
elle laisse maintenant son enfant dériver
au gré des flots, au gré du
son destin…
La sœur n’a pas peur
.La mère s’en retourne,
mais une autre femme, une jeune
va maintenant entrer dans l’histoire,
c’est la sœur du bébé.
Elle s’était cachée un peu plus loin.
Elle a vu la corbeille s’en aller sur
les petites vagues du fleuve.
Elle n’a pas de plan précis,
mais tant pis, advienne que pourra,
Dieu saura bien l’inspirer
au moment voulu.
Alors, le hasard
ou Dieu faisant bien les choses,
voici la fille de Pharaon
On entend un bébé qui braille,
toutes ces jeunes femmes sont touchées
(et curieuses) ; elles découvrent l’enfant
. « Tiens, il porte de curieux vêtements » ;
« Oui, moi je sais, j’en ai déjà vu des comme ça…
Ce sont les petits habits que portent
les garçons… hébreux. »
Que faire ?
Le cœur maternel commence à battre…
Mais… On connaît aussi la loi…
Alors, vite, il faut intervenir pendant
que ces jeunes femmes hésitent,
vite, avant que le cœur maternel ne plie
devant la raison.
Soudain, une petite voix :
« Pardonne-moi, mais veux-tu que j’aille
te chercher une
nourrice…. ».
On ose à peine imaginer la joie de la mère !
Elle n’a pas beaucoup de temps
pour réfléchir
aux conséquences, tant pis,
quand il faut y aller, faut y aller !
L’enfant reçoit un nom :
Moïse, ce qui signifie : « sorti » = sorti des eaux,
sauvé des eaux.
La princesse a du cœur
La cinquième femme
remarquable du récit
c’est la fille du Pharaon,
c’est une étrangère, elle est du côté
des oppresseurs, mais, malgré elle peut-être,
elle a su prendre le relais, elle a accompli
un acte de bonté,
un acte de salut ;
elle mérite amplement
d’être citée avec les autres femmes.
Elle n’a peut-être pas pris beaucoup
de risques
(le Pharaon n’allait pas au quartier des femmes),
mais elle a ouvert son cœur à un enfant,
et ouvrir son cœur,
que ce soit pour un enfant,
pour un adulte ou pour Dieu,
c’est toujours risqué, on ne sait pas jusqu’où
cela peut nous mener !
Oui, ainsi commence
la mission de celui qui sortira (cf. le nom de Moïse
) son peuple hors de l’Égypte ;
elle commence sans tambour ni trompette,
mais avec la foi, le courage, la débrouillardise,
l’amour de plusieurs femmes.
Réactions en chaîne
Au moment propice,
chacune de ces femmes a ouvert son cœur ;
chacune, au bon moment,
a pris le relais.
Aujourd’hui, ne serait-ce pas
à nous de prendre le risque d’ouvrir notre cœur
à Dieu et aux autres ?
Ne serait-ce pas à nous, individus et Église,
de prendre le relais,
le relais pour sauver une vie, pour sauver la vie
, pour secourir la vie, pour protéger la vie,
pour aimer la vie ?
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