Nous
n'avons pas
à mériter l'amour.
Ou, en bon et honnête
langage chrétien, Dieu, Dieu
lui-même, le fameux Tout-puissant,
Dieu nous aime le premier, il nous aime
tels
que nous sommes, il
nous aime d 'abord
, et rien, absolument rien ne peut
entamer cet amour indéfectible.
Et si nous croyons en
Jésus Christ,
c'est parce
qu'il
est
le visage
et la voix de
cet amour-là, et
que les signes qu'il
donne d'être auprès du
Père ne sont pas les
fantasmagories
attendues par
la crédulité
publique,
mais
c'est le soin,
encore le soin,
la nourriture, la paix du
cœur, le retour des enfants perdus,
l'amour, enfin, la haute et humble
tendresse, la divine douceur,
si forte face à tout ce qui
veut meurtrir
l'homme.
La foi
chrétienne,
relisez l'Épître aux
Romains, ça commence
comme ça: je n'ai plus à me
tourmenter de mon impuissance,
je n'ai plus à enrager de mes faiblesses,
je n'ai plus à me tendre dans une
raideur désespérée pour me
rendre conforme à ce
qu'il faudrait
que je sois
pour
que Dieu
daigne enfin
abaisser son regard
sur moi. Car c'est Dieu lui-même
qui vient vers moi, m’aimant
en Christ notre Seigneur,
pour transformer
mes démons
en diables
de
papier,
et faire de ma
faute cette vieille peau
morte qui tombe
au lever du
jour.

Le
grand
commencement,
c’est que Dieu est en nous
grâce, c’est-à-dire don, cadeau,
pure libéralité. Et ce cadeau, c’est ma vie,
ma liberté, ma bonne puissance, une
jubilation d’exister inentamable,
une communion avec toutes
choses et avec mes
frères qui peut
subsister à
travers
tout.
Le
grand
commencement,
c'est la foi que rien ne
peut nous séparer de cet
insaisissable amour venu d'En-haut
et que nous ne pouvons ni produire ni
maîtriser, bienheureuse impuissance,
car elle nous défait de
cette prison, le moi
revendicateur
et
apeuré.
JE SUIS ! Puisque
Dieu, abîme d'inconnaissance,
se fait en moi ce souffle et ce soulèvement
où resurgit la création, et plus forte
infiniment qu'aux premiers
jours du
monde.
°°
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