Ils sont heureux
ceux qui ont un cœur de pauvre
parce que le
royaume
des cieux est
à eux
Mat 5.3
Vous avez certainement
remarqué que la pauvreté du cœur et l'esprit
d'enfance sont, dans les paroles de Jésus
, les conditions d'accession au Royaume.
C'est qu'il me semble
que l'un est le commentaire de l'autre.
La pauvreté de cœur (ou d'esprit)
est l'esprit d'enfance.
On imagine
parfois bien des choses sur l'enfance
, comme si elle était la garantie d'une
certaine innocence.
Mais la réalité est plus simple
. On est toujours enfant devant un parent et,
d'une certaine manière,
s'il n'y a pas de parents, il n'y a pas non plus d'enfants.
Ceux qui sont privés de relation
vraie avec des parents deviennent très vite
et dramatiquement de
petits adultes.
Jésus se situe
et situe toute vie spirituelle dans la relation
à Dieu comme Père.
Le petit enfant
sait qu'il est dépendant ; il se sait pauvre.
Il fait confiance à son père
simplement car il sait par expérience
qu'il n'est pas lui-même capable de subvenir
à ses besoins et que son père l'est.
Il lui fait confiance
et cela est vrai même lorsque les pères humains
ne sont pas toujours dignes
de cette confiance.
Nous sommes appelés
à faire ainsi une totale confiance
en notre Père céleste.
Combien de fois évitons-nous
cette confiance car nous tenons
à ne pas être pauvres et dépendants.
Nous faisons confiance à nos capacités,
à notre richesse, à notre intelligence...
Et, nous en touchons bien sûr
rapidement les limites
. Il est vrai que ce à quoi nous sommes appelés
ne nous est pas naturel,
n'est pas naturel en tout cas aux adultes
que nous sommes
. Accepter de nous abandonner
entre les bras de quelqu'un d'autre,
de ne plus compter sur nous-mêmes,
mais sur notre Père,
c'est pour nous un véritable changement de perspective.
Mais c'est justement
lui qui nous ouvre au Royaume de Dieu.
Tant que nous ne comptons
que sur nous-mêmes, nous pourrons accomplir
tout ce qui relève de nos capacités.
Mais si nous nous confions
en Dieu, nous pourrons compter
sur ce qui relève de
ses capacités...
Il est vrai que ce n'est pas simple,
nous le savons tous et le Seigneur aussi.
Et rassurez-vous, notre salut n'en dépend pas.
Mais ce qui en dépend,
en revanche, c'est la vie à laquelle
Jésus nous appelle, et c'est l'intensité et la force
de notre témoignage ainsi que notre
capacité à introduire un peu du Royaume
dans notre vie et dans le monde.
Le Royaume des cieux
appartient à ceux qui sont comme
des enfants
Marc 10.14
L Schweitzer
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