Dès
le premier
verset, du ps. 23
un mot résonne :manque
Je ne manquerai de rien :Et une
lecture juive remarque à travers le jeu des
nombres, ce qui pourrait manquer
et ne manquera pas:La
nourriture ! La
bénédiction !
Les
57
mots du
psaume sont
l’équivalent numérique
du mot nourriture.Les 227
lettres du psaume correspondent
au mot bénédiction.Ce qui peut manquer à
l’homme et ne manquera pas, dès lors
que l’Eternel se fait berger pour celui
qui le prie, c’est la nourriture
et c’est la bénédiction.
« Tu es mon berger.
Tu me conduis
dans de
verts
pâturages…
près des eaux
paisibles. Tu dresses
devant moi une table et ma coupe
déborde… »Pourtant dire cela ne suffit pas.
Car la nourriture ne signifie pas la même
chose pour les nomades hébreux
du désert et pour notre
société , et si pour
certains la
demande
de pain
du
Notre Père
monte tout droit
depuis le creux du ventre,
les autres doivent la contextualiser,
la traduire, en faire l’herméneutique spirituelle…
Sous peine de ne plus comprendre non
plus le poids du second mot :
bénédiction.Sans faim,
il est plus difficile
de connaître
la simple
réalité
de
la bénédiction
dans nos vies. Ou
de ressentir la gloire de ce
mot pour nos cœurs et nos âmes.
Bénédiction : parole bonne, parole qui
fait du bien, bonne et juste nomination
des êtres et des choses , Bénédiction
gestuée à travers une main
posée ou deux bras
tendus dans
un
grand
mouvement
d’ouverture,d’accueil
et d’envoi .Mais pour entrer
dans l’allégresse de la bénédiction,
pour se réjouir d’avoir l’Eternel pour berger,
il faut en revenir à ce simple mot :
« nourriture » qui ne nous
manque peut être
plus.

Comment
comprendre si
nous n’avons plus faim?
Il nous faut fermer les yeux,
et ,en nous mêmes…
écouter :De quoi
manquons
nous ?
Quel
est notre
manque ? Quels sont
nos manques Que manque-t-il à
l’homme sur cette terre ?
Dans cette vie ?la
joie simple,
la
présence
partagée, la
confiance et la sécurité,
la paix, la plénitude…le « Shalom »
Ce Shalom, cette plénitude
nous manquent. Bien sûr.
Mais ce qui nous
manque
encore
plus
profondément,
c’est de savoir, c’est
de ressentir que cette plénitude
nous manque.Notre gavage quotidien
nous anesthésie. Il nous rend difficile
le diagnostic de notre faim,
de notre soif de
plénitude :
nous
restons à la
surface de notre vie
, de notre souffrance , angoissés.
Incapables de prier. De demander.
Mais que demander ?
Le pain qui nous
manque
n’est
pas fait
d’eau, de farine,
et de levain. C’est
un pain de mots, de souffle
et de confiance.C’est le pain
de la prière simple.
La prière de
l’enfant.
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