Il
est
facile et
fréquent de
remarquer que
des personnes fragiles
jeunes ou en crise, sont
particulièrement visées et
accessibles au discours des sectes.
Qu’elles soient spécialement vulnérables,
cela est naturel, mais on soupçonne
certains d’employer des méthodes
qui assureraient une mainmise
du groupement religieux
sur ces personnes
dont les moyens
de défense
sont
affaiblis.
Ces méthodes
dérivent de celles
employées pour la vente
ou la publicité qui utilisent des
moyens psychologiques pour
accrocher et garder
le client
visé.
Les
associations
décrivent longuement
les méthodes employées.
Comment, selon elles, repérer
la manipulation mentale ?
Voici certains signes
qui permettent de
la suspecter
Une
relation
forte d’autorité
Des règles strictes,
une hiérarchie très affirmée,
des doctrines déstabilisantes qui ne
permettent aucune remise en question,
un contrôle permanent et la peur
d’être considéré comme
désobéissant.
Un
sentiment
fort d’adhésion
au groupe Une pression
chaleureuse, le « love bombing »,
un vécu commun riche et régulier
accompagné d’une diabolisation
de l’extérieur avec la
perspective
fréquente
de
dangers
imminents,
et toujours la
culpabilisation qui
accompagne toute
perspective de
sortie du
groupe.
Des
atteintes
à la vie personnelle
Une obligation de transparence,
la demande d’une obéissance infantilisante,
des entraves au développement
d’une vie intime, souvent
une dépendance
financière du
groupe.
Une
coupure
avec l’extérieur
Le monde extérieur
est accusé de tous les maux,
les relations personnelles extérieures
au groupe, familiales ou amicales,
sont détruites ; la personne
se retrouve de plus
en plus
isolée.
Reconnaissons
que cette description
fait peur et que nous avons
tous entendu parler de sectes
ou de groupes qui mettaient ces
méthodes en pratique avec beaucoup
de science et de finesse. Vouloir
se donner les moyens de lutter
contre elles paraît légitime et,
dans un premier temps,
il semble
difficile
de
s’en
indigner.
Ce qui pourrait
nous rendre prudents,
c’est cependant la difficulté
que l’on peut imaginer pour le
discernement entre ce qui relève
de la pathologie ou de la
manipulation et certains
aspects de toute
spiritualité
légitime.
Une
perspective chrétienne
Disons
avant tout
notre accord
fondamental avec le
souci manifesté de ne
pas permettre que la liberté
de la personne soit manipulée
pour obtenir une adhésion et
un maintien dans le groupe.
L’Évangile appelle à la
conversion et à la
vie de disciple
Or, pour
être
authentiques,
celles-ci ne peuvent
exister que sur un fond
de liberté totale dans le domaine
psychologique (je ne parle pas ici, bien
sûr, d’une liberté métaphysique
qui ne tiendrait plus compte
du caractère aliénant du
péché). C’est ce
qui explique
que
certaines
Églises évangéliques
se sont battues, dès le
17ème siècle, pour la liberté
de conscience pour tous, y compris
lorsqu’elles se trouvaient en
situation d’imposer
leur propre
point
de
vue.
Je pense
par exemple
aux quakers avec
William Penn ou aux
baptistes avec Roger Williams
et aux colonies américaines qu’ils
ont fondées. Ce n’est en effet
que lorsque la possibilité
de refuser l’Évangile
est ouverte que
l’on peut espérer
qu’une
adhésion
soit sincère.
Forcer la conversion
revient en effet à obtenir
une caricature de foi qui relève
plus du recrutement que de l’expérience
spirituelle authentique. Dans ce sens
toute manipulation dans l’annonce
de l’Évangile joue contre le but
invoqué. Et cela d’autant
plus que l’Évangile
est libérateur.
L’œuvre
de
l’Esprit
est, dans
le N T le contraire
de la possession. Si celle
ci est, par définition, aliénante,
l’Esprit au contraire libère la personne
qui s’ouvre à lui des liens qui peuvent
l’emprisonner.En entrant dans
une perspective de foi,
le croyant
devient
au
contraire
plus pleinement
lui-même et tout le
processus de la sanctification
accentuera encore cette
libération.Il est
cependant
clair
qu’un
tel discours,
pour juste qu’il
soit, ne suffit pas. On
imagine très bien qu’il pourrait
être tenu par des groupes qui,en
même temps,pratiqueraient
une manipulation mentale
efficace.Toute secte
en effet doit
considérer
ou au
moins
présenter
l’adhésion au
groupe comme révélatrice
de la vraie liberté par opposition
à l’aliénation que représente
à l’évidence le monde
mauvais et pervers
dont il s’agit
de sortir.

C’est
pourquoi
le discours ne
saurait suffire. Le
seul signe d’un sérieux
dans ce domaine relève du
comportement concret. Or, dans ce
domaine, les choses sont moins
claires et peuvent vite
devenir ambiguës.
Le seul signe
crédible
sera
une
attention
réelle et concrète
à la liberté des personnes
qui devra se manifester par la
mise en place d’une liberté d’échanges
et de discussion ainsi que par la reconnaissance
d’une vraie liberté d’opinion dans
tous les domaines qui
ne relèvent pas de la
confession
de foi.
/image%2F0554638%2F201304%2Fob_3bfaef39b11098f302fba08b1971c8ac_37030251.png)
commentaires