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2010-09-07T06:42:00+02:00

Le corps

Publié par sulamite -

 

 

 

 

La place

tellement dominante

du corps dans notre société

conduit à en faire une idole.

" L'image

publicitaire qui,

dans une espèce d'escalade

exhibitionniste, affiche la nudité des corps,

et l'imagerie médicale (scanner, etc.)

qui donne à voir le

caché du corps.

L'absence

de pudeur, si caractéristique

de notre époque, est sans doute

liée à la manière dont aujourd'hui on conçoit le

corps comme " corps-objet ". Elle surgit lorsque le corps

est dissocié de l'esprit et que, l'existence et la dignité

du sujet, c'est-à-dire de la personne

à part entière, sont

occultées.

1.Dieu

créateur du

 

corps

 
Dans

la perspective biblique

,  la dignité du corps était due au fait

que Dieu n'était pas seulement l'auteur du corps du premier homme,

mais encore celui de chaque individu

  Non seulement

Dieu

donne conception 

mais il forme le fœtus dans le sein

de la mère. L'activité créatrice de Dieu

est comparée à celle d'un tisserand ou au travail

du potier. La Genèse parle en des termes

semblables de la création de l'homme.

Dans le premier chapitre,

le verbe

traduit par

créer, réservé à l'activité divine,

est employée comme pour souligner le caractère unique

de 1'œuvre de Dieu qui crée l'être humain - l'homme et à la femme -

à son image. Dans le deuxième chapitre, le verbe traduit

par façonner, qui est employé met l'accent

sur la créativité artistique

et sur l'invention

qui suppose

imagination et habileté

. Dans l'évocation de la création

de la femme, " le Seigneur forma une femme de la côte ",

le verbe  utilisé pourrait être rendu par " construire ".

Une seule autre fois ce verbe est employé

pour évoquer l'activité créatrice divine.

Celle-ci est comparable

à l'œuvre d'un

architecte.
Ce qui est souligné

ici avec force c'est que le corps

humain est une œuvre qui résulte d'une intention

et d'une intervention particulières

du Créateur

 

L'homme

créé en l'image

de Dieu

Non-autonome,

l'homme est néanmoins

un être unique. Son identité se définit

dans une relation avec son ultime vis-à-vis où l'altérité

est respectée et la communion n'est pas synonyme de fusion

ou de confusion. C'est dans le cadre de cette alliance

de vie que la notion de " l'homme créé en

l'image de Dieu "

et le mandat

culturel

qui en découle

prennent toute leur signification.

L'homme a pour tâche de gérer et d'exploiter

la création et ses ressources avec intégrité et bienveillance sachant

qu'il a des comptes à rendre à son

ultime vis-à-vis.
Les études

relatives à l'anthropologie

biblique ont fortement souligné, ces dernières années

, l'unité psychosomatique de l'homme. Elles ont réagi contre toute idée

de dualité et, en particulier, contre l'idéalisme du XIXe siècle.

Ainsi, l'homme n'a pas un corps, il est un corps.

Il est nécessaire de réaffirmer

cet aspect de

l'enseignement biblique.

On évite ainsi la notion de l'immortalité

de l'âme telle que la présente l'animisme ou la pensée platonicienne,

par exemple. Mais il existe un autre piège à éviter :

celui de la mentalité moderne qui réduit l'homme

à une dimension purement horizontale,

à ses composantes biologiques,

chimiques, neurologiques

ou psychologiques.

La dualité

est, elle aussi, présente

dans les récits de la Genèse.

Elle permet de souligner la spécificité

de l'être humain. Certes, l'homme est un " terrien ",

il s'apparente aux êtres vivants en général,

mais il s'en distingue par ailleurs.

Le souffle qui l'anime

est à la fois

vital et

personnel

. Doué d'intelligence

et de créativité, c'est un être libre

et responsable doté d'une conscience morale.

Il pense et communique, aime dans la fidélité et choisit en vue d'agir.

Les mots et les concepts qui expriment cette spécificité

ont des sens variés et ils ne sont pas toujours

employés avec précision

. La mentalité

biblique affirme donc aussi

la dimension verticale de l'homme.

C'est un être spirituel capable de vivre une relation

consciente avec Dieu qui transcende son corps sans dévaloriser

ce dernier pour autant. Ce " dualisme holistique ", H. Blocher

le résume en ces termes : " l'esprit de l'homme est terrien "

et " le corps de l'homme est l'expression

de son esprit. "



Corps,

et fragilité de la

personne


Pour exprimer

les associations historiques

et externes qui affectent la vie de l'homme,

sa relation avec la nature et l'humanité dans son ensemble,

l'hébreu emploie principalement le terme bâsâr,

chair (en grec, sôma, corps et sarx, chair).

Ce terme souligne en particulier

que l'homme est dépendant

de Dieu, que son

existence

est éphémère

et que sa misère mortelle

est liée à son péché. C'est sans doute

pour cela que ce mot ne s'applique jamais à Dieu.

Employé aussi pour les animaux, il " désigne quelque

chose de commun à l'homme

et à l'animal. " Mais on parle

beaucoup

plus souvent

de la chair(Bâsâr) des animaux

que de leur principe vital (nèfèsh).
À la lumière de ces quelques

considérations, le corps

ne doit pas être

perçu

comme une prison.

Il n'est pas non plus le principe

du mal. Il n'est pas cette 'guenille' qu'on méprise et dont

on voudrait se débarrasser. Le corps tire sa dignité

de ce qu'il est l'œuvre

du Dieu créateur.

Certes,

il peut être défiguré

par la maladie et les aléas de la vie,

sollicité en vue du péché,

il peut devenir

l'agent

et l'instrument

du mal

et

de l'injustice

et même être

dépravé et connaître

la mort. Le corps demeure

néanmoins bon. Le salut si chèrement acquis

à la croix par Jésus-Christ lui permet

de devenir le temple de l'Esprit

tout en lui promettant un

avenir glorieux.

 

P Berthoud

 

°°

 

 

 


 

 


 

 

 

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commentaires

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