La
poussière
retourne à la terre
comme elle en est venue,
et le souffle à Dieu qui
l'a donné.
Qo 12 7
Le
mot nephesh,
qui est le plus
utilisé pour parler de l'âme
(l'autre mot est neshamah, haleine),
désigne la gorge, le lieu par excellence des
échanges de nourriture et d'air.
C'est le lieu du principe vital,
vivifié par le souffle
de Dieu.
Par
suite, ce
mot prendra la
signification de principe
vital, présent en tout être vivant
(Gn 1,20), et de ses fonctions, à la
fois les opérations psysiques les plus basiques
(se nourrir, respirer) et les opérations
spirituelles les plus hautes.
Parmi celles-ci,
la louange
s'exprime
par
le verbe
hallelu, onomatopée
désignant le bruit gazouillant
obtenu en frappant les mains contre la gorge :
Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Alleluia ! Ps 104,35
Être vivant, c'est avoir en
soi le souffle
2 S 1,9
car
à la mort
l'âme repart
Gn 35,18; Jr 15,9
La Bible nomme la dépouille
âme morte Nb 6,6; Lv 21,11
ou simplement âme Nb 22,4; Nb 5,2
signifiant par là qu'une âme
n'est rien si elle n'est
pas animée par
le Souffle
divin.
Plus
souvent
Dieu reprend
l'esprit Jb 34,14; Qo 12,7
et l'âme meurt Nb 23,10; Jg 16,30;
Ez 13,19ou «habite
le silence»
Ps 94,17
Paul
reprendra
cette distinction,
parlant des stades psychique
et pneumatiquede
l'homme.

Les
bonnes
nouvelles
d'un pays éloigné sont
de l'eau fraîche pour
une âme altérée.
Pr 25,25
L'
âme
désigne
l'homme vivant
Lv 5,2; 1 R 17,21--22; Ex 21,23.24
âme pour âme, oeil pour oeil
et sert à compter
les individus
Gn 46,27;
Nb 31,46; Dt 10,22
L'expression «toute âme»,
moins fréquente que «toute chair»,
désigne parfois les hommes Ex 12,16
parfois les êtres vivants Gn 9,10—12
Un autre aspect de l'homme 1 S 18,1—3
ou de Dieu Am 6,8; Jr 51,14
qu'elle souligne
est
l'engagement
profond dans le secret.
Devenue spirituelle, l'âme
peut toujours avoir soif Ps 63,2
faim Ps 107,9 , être noyée Ps 69,2
en elle se ressentent le désir Gn 34,2—3,
la soif de Dieu Ez 22,24
la joie Ps 86,4
l'orgueil
Ha 2,5
la tristesse Ps 42,6
L'âme bénit Gn 27,4; Ps 103,1
l'âme de Dieu hait le méchant Ps 11,5
l'âme de l'homme aime
et cherche Dieu
Dt 6,5
L'âme
n'est pas la
source autonome de la vie,
qui est l'haleine (neshamah ou ruah)
insufflée de Dieu Ps 104,29 :
elle ne vit qu'unie à la
chair qu'elle vivifie
. C'est le coeur
vivant
de
l'être,
auquel
seule la Parole a accès.
L'Esprit de Dieu m'a fait, et le
souffle du Tout-puissant m'a
donné la vie.
Jb 33,4
Le
mot ruah,
vent, symbolisa
vite le souffle des narines de Dieu
Lm 4,20; Ex 15,8--10; Ps 18,16
instrument de Sa justice
Os 13,15; 4,19
exécuteur
de Ses
préceptes
et de Sa création
Gn 1,2; Jdt 16,14; Ps 33,6
La vigueur, la vitalité, le maintien
en vie du monde en dépendent
Jb 34,14--15; 12,10
Ce vent peut
être violence
Ez 13,13;
Es 30,33
ou
murmure
1 R 19,12
desséchant, fécondant
ou renouvelant Ez 37,9--10; 39,29
Il représente aussi l'esprit humain ,opposé,
au moins par endroits, au
souffle animal,
force
soulevant,
animant le corps
par la respiration. Il vient
de Dieu et y retourne Gn 6,3; Qo 12,7
vivifie la chair inerte, lui donne une âme vivante.
Il désigne l'homme en tant qu'animé
par Dieu Gn 7,22; Es 42,14
ouvert à la vie divine et
à la Sagesse
Jb 32,8--9;
Ps 143,10
Et
l'Esprit de Dieu
vint sur les messagers
de Saül, et eux aussi ils
prophétisèrent.
1 S 19,20
On voit
ici
clairement
comment l'observation
de la nature rejaillit sur
l'anthropologie. La ruah inspire toutes
les actions humaines selon la Justice de Dieu
ainsi les prophètes sont les interprètes
(au sens large) de l'esprit de Dieu
Nb 11,29; Is 61,1; Jl 3,1,2
Inséparable de l'être
(chair et âme)
qu'il
anime,
pas toujours
bien distingué de
l'âme,
L'esprit humain,
s'il peut implorer Dieu
Za 12,10 désigne au départ
une vie physio-psychologique
particulièrement vigoureuse
vitalité :
1 S 30,12,
colère : Jg 8,3,
discernement : Is 28,6,
sagesse : Is 11,2
Il peut s'égarer, mentir 1 R 22,23
s'abandonner à des forces néfastes,
des «esprits mauvais»
1 S 16,14--16;
Jg 9,23
lorsque
la
conscience
humaine ne s'appartient
plus, dans la jalousie
Nb 5,14
la haine
et
l'impureté Za 13,2
mais il peut aussi, s'il est en r
elation avec la ruah divine, être source
de renouvellement de l'être.
J'entends
le sang de
ton frère
dans
le
sol me
crier vengeance.
Gn 4,10
L'
origine
du mot nephesh
montre bien l'importance
du sang. Circulant dans la gorge,
il s'identifie avec l'âme de l'être
vivant, la vie de sa
chair
Ps 72,14;
L'âme de la chair est dans le sang
Lv 17,14
Chair
et sang ensemble
désignent l'homme
dans sa nature terrestre,
faillible
Mt 16,17
Le
sang étant,
comme la vie, sacré,
on ne peut mêler sangs animal
et humain, ni ingérer
du sang
Gn 9,4;
Lv 7,27.
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