Utiliser la religion
pour manipuler autrui,
prendre le pouvoir sur lui
et le détruire psychiquement
et spirituellement, c’est une pratique
de tous les temps, dénoncée
d’un bout à l’autre
de la Bible.
On prend
« Dieu » en otage,
on le modèle à sa guise,
on le per-vertit
(étymologiquement,
on le tourne en son contraire)…
pour mieux dominer les autres.
En somme, on donne ainsi
à sa propre perversion le poids du sacré,
une justification divine :
« C’est pour ton
bien spirituel ! »
À y regarder de plus près,
Jésus n’a cessé de débusquer
cette « religion perverse »
qui s’immisce dans toute vie spirituelle
aussi sincère soit-elle.
L’hypocrisie en est toujours le moteur :
« Faites ce que je dis et pas ce que je fais ! »
Ou encore :
« Croyez ce que je dis et pas
ce que je crois ! »
Dans le récit
de la femme adultère
comme en de nombreuses autres occasions où,
en dessous des comportements
religieusement corrects,
il entend les non-dits destructeurs,
Jésus en appelle toujours à
l’unification de soi,
à la non-contradiction entre
ses propres pensées,
paroles et actes.
N’est-ce pas là que s’enracine le rapport
à la vérité, si déterminant
dans la Bible ?
Il s’agit avant tout de lucidité
sur soi-même, de prendre conscience
des manipulations spirituelles
dont on est l’objet ou dont on est
l’instigateur, l’instigatrice ;
il s’agit aussi de prendre conscience
des distorsions que l’on impose
aux textes bibliques, en leur faisant dire
exactement le contraire de ce qu’ils disent.
Là, l’héritage est lourd,
quand on pense aux nombreux siècles
où la majorité de la population
n’avait pas accès aux textes bibliques
dans sa propre langue, encore moins à
l’hébreu et au grec.
Une parole-phare
de l’Évangile peut aider à sortir
de la religion perverse :
« Voici, moi je vous envoie comme des brebis
au milieu de loups
. Devenez donc sensés/intelligents/avisés
comme des serpents
et entiers/intacts/non-mélangés/intègres
comme des colombes ! »
Mt 10,16
. Autrement dit,
sortir d’une religion perverse,
donc mortifère,
« cheminer » vers la « vie » et sa fécondité,
suppose un travail de « vérité »
qui bannit la complaisance et mobilise l’intelligence
, le bon sens, la lucidité sur soi-même et sur les autres
Donc, cela suppose aussi
un travail d’unification dont l’enjeu
est de devenir « non-mélangé »,
c’est-à-dire non divisé au-dedans de soi :
en devenant « entier »,
on perçoit de mieux en mieux les divisions
intérieures qui sont à l’origine des perversions
; et en utilisant son bon sens et son intelligence,
on prend conscience des parties de soi
et d’autrui auxquelles on était aveugle…
et on (re)trouve son
identité « intacte ».
LBasset
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