Abraham
se tint en laprésence
de l’Eternel. Il s’approcha et dit:
« Ferais-tu aussi périr le juste
avec le méchant? »
Ge 18:21 23
La
prière
d’Abraham est
la seconde prière que nous
rencontrions dans la Bible.
Modèle
d’intercession,
cette requête en faveur
de Lot porte au plus haut point
le cachet des mœurs orientales, où le
demandeur saisit inlassablement l’occasion
de ce qu’il a obtenu pour essayer d’obtenir davantage.
Mais on y trouve surtout ,deux des conditions
maîtresses de tout exaucement:
le respect de la justice
de Dieu et la
confiance
dans sa miséricorde.
Abraham n’admet pas que Dieu
puisse perpétrer un acte quelconque
qui blesse l’équité, et il le Lui dit hardiment:
« Celui qui juge toute la terre n’exercerait-il pas la justice? »
Il est convaincu en outre que les compassions
de l’Eternel se laisseront émouvoir en faveur
de la ville rebelle par la présence
en elle de quelques hommes
de bien. « Peut-être
s’y trouvera-t-il
dix justes?… »
Et l’Eternel
lui promet de faire
grâce à la ville pour les dix
justes, s’Il les y
trouve.
On dit
que la révélation biblique
est progressive, et je le crois.
Mais je suis bien obligé de constater que sur
certains principes élémentaires, beaucoup de chrétiens
du xx° siècle sont moins au clair qu’Abraham. Ne
nous arrivera-il jamais’ de demander
à Dieu des choses qu’Il ne
pourrait nous
accorder
sans léser les droits
d’autrui? Ne cherchons-nous
jamais à le faire complice de nos intérêts
égoïstes, de nos antipathies ou de nos étroitesses?
Dans nos jugements devant Lui, ne nous arrive-t-il jamais de
« faire périr l’innocent avec le coupable?
Le « zèle de la Maison de l’Eternel »
est, certes, une belle chose, mais
pour obtenir l’exaucement
du Saint des Saints, il
faut que ce zèle
s’inspire
des
scrupules
d’Abraham, de sa bonté,
de sa patience, et que dans la prière
il ne laisse pas échapper un mot qui puisse
léser la justice ou contrister
la miséricorde
de Dieu.
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