Les peuples
du Proche-Orient ancien
ont utilisé diverses techniques de
divination pour tenter de connaître la
volonté des dieux. Parmi ces
techniques,
signalons l’observation
du vol des oiseaux, celle des marques
faites par l’huile jetée sur une nappe d’eau,
l’interprétation des tares apparaissant
à la naissance d’un animal ou
d’un humain.
Parmi
toutes ces techniques
, une retenait surtout l’attention :
l’observation des foies d’animaux sacrifiés,
ou hépatoscopie. Le livre du prophète Ézéchiel fait
référence à ce type de divination : « Le roi
de Babel se tient à la naissance du
chemin, à la tête de deux
chemins, pour
recourir
à la divination
; il a secoué les flèches,
interrogé les teraphim,
examiné le foie. »
Ez 21,26
Des documents
retrouvés en Mésopotamie
signalent que l’hépatoscopie
était pratiquée par le barû,sorte de devin
ou d’inspecteur des foies, travaillant
pour le compte du roi,
ce qui n’exclut
pas la
possibilité
qu’un homme
ordinaire puisse faire appel
au savoir du barû.On consultait les foies
pour diverses raisons, principalement
pour ce qui concernait la guerre,
les traités à signer avec les
autres nations, la
pertinence
ou non
de construire
un temple à telle ou telle
divinité, ou pour savoir de quelle
maladie était atteinte une personne chère.
On sait que le foie est l’organe qui
possède la plus haute teneur
en sang de tout
l’organisme.
Or,
le sang
étant le symbole de la vie
, et la vie étant donnée par les dieux,
les Mésopotamiens en étaient venus à identifie
r le foie avec la divinité, celle-ci passant
par cet organe pour dire aux
hommes ses
volontés.
Le barûsacrifiait
l’animal et en observait le foie.
L’organe était divisé en plusieurs sections,
chacune portant un nom pré-établi
(doigt, bouche, fœtus, etc.).

La photo nous montre
un foie reproduit
sur de l’argile,
divisé en plus de quarante
sections, dans chacune desquelles
le barûa inscrit la signification qu’il y
décelait. Il disposait pour cela d’une sorte
de catalogue qui lui indiquait le sens
à donner quand telle ou telle chose
était à un endroit précis du foie
Une fois l’organe examiné
et reproduit sur
l’argile, le barû
faisait
parvenir la réponse
des dieux au roi ou à la personne
concernée. Cette dernière savait alors à
quoi s’en tenir puisqu’elle n’avait qu’à accomplir
la volonté des dieux. On disait que le roi avait
reçu un « omen ». On a retrouvé
plusieurs
omensde différentes
époques sur divers sites du
Proche-Orient ancien, de la Mésopotamie
jusqu’en Palestine. On peut en conclure
qu’il s’agissait d’une
technique
très répandue
anciennement. Notons que
les Romains pratiquaient encore l’hépatoscopie
au début de notre ère.
Voici quelques
exemples
donnant une idée
du contenu des omens :
« Si une partie du foie est comme un arc,
le courage fondra sur l’armée peu
nombreuse du roi et il battra
l’armée nombreuse
de l’ennemi. »
« Si la
bile est manquante,
c’est favorable. » « Si, sur la tête du foie
se trouve une croix, cela signifie la
défaite du prince. »
« Si le fœtus
est comme une brique,
le malheur saisira le pays et la mesure
de grain tombera. » « Si la bile est tournée,
si le fœtus est foncé et noir, si le
diaphragme est brisé,
l’ennemi prendra
le trône,
la peur tombera
sur l’armée, l’homme périra,
la pluie et une ondée pleuveront,
le lion attaquera la
caravane… »
La Bible
ne dit jamais que
ce type de divination
était pratiqué en Israël, mais des
archéologues ont retrouvé des foies
sur des sites en Palestine,
ce qui laisse croire qu’une
partie de la
population avait
recours à cette technique pour
consulter ses
dieux.
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