Notre Dieu,
tu viens couvrir
nos vies comme une nuée
,qui a l'apparence du feu au coeur
de la nuit,qui se lève et qui s'arrête,
qui nous fait camper et qui nous fait partir,
au gré de la liberté de ta présence,
au gré de la liberté de
ta confiance
Ainsi tu
nous accompagnes,
tu nous précèdes et nous suis,
mais c'est à nous de marcher, de lever
le camp et de nous arrêter,
de savoir attendre.
Nous te
remercions
d'avoir choisi comme
sacrement de ta présence
la nuée,
qui
n'est ni la
menace opaque des orages,
ni la transparence, vide et fixe, du ciel,
mais une clarté, à la fois révélée et voilée,
une lumière qui rayonne sans
se laisser voir,une ténèbre
habitée
de feu.
Ainsi tu n'es ni le mot,
qui fond comme la neige au dégel des définitions,
ni la vie, qui fuit comme le sable entre
nos doigs engourdis,
ni la terre,
trop luxuriante,
ni la mer,
trop répétitive,
ni l'eau, qui court selon
sa pente, ni même le feu,
qui s'autodévore.
Tu es la nuée
qui
marche en avant
de nous et qui demeure,
comme une colonne vivante,
à l'horizon de nos
va-et-vient.
Bien sûr,
il arrive que
nous nous demandions
si cette nuée n'est pas tout simplement
un nuage,inventé par
nos désirs,
un
brouillard,
distillé par nos ennuis
ou même un tunnel, où s'engouffre
parfois notre désespoir.
Bien sûr, nous
aimerions
que tu
sois plutôt le soleil,
qui se voit et non pas la nuée,
qui se croit. Mais tu as voulu te cacher à la vue
et te donner à la foi.Tu as voulu
que, dans nos itinérances,
nous comptions
sur ta
promesse,
sans détenir déjà l'arrivée,
à l'égal de ton peuple d'Israël qui,
pendant quarante années,
le temps d'une vie
humaine,
a campé et est reparti
sans cesse. Tu as voulu nos vies en
transhumance, du matin au soir
et du soir au nouveau
matin.
Toi,
le Dieu qui habite
et qui transite dans la nuée,
nous te le demandons d'un coeur entier :
fais que nos vies campent et partent
à l'ombre de ta présence
en fleur.
Amen.
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