On
parle souvent des
« malheurs de Job » et de sa déchéance
sociale - « pauvre comme Job ».
Pourquoi ne dit-on pas
« la colère de Job » ?
La plupart
de ses propos sont
pourtant proférés sur le registre
de la plainte véhémente, du reproche, de l’agression.
et son nom est d’ailleurs tout un
programme sa racine
voulant dire être hostile
( ou objet d’hostilité)
Il représente
l’humanité
souffrante qui,
se voyant constamment
acculée à choisir entre agresser
ou être agressé, découvre peu à peu
la troisième voie - ce pouvoir de faire face
à l’AUTRE,cette volonté indéracinable
de rester solidaire
de soi-même,
ce
consentement
à la confrontation
avec autrui, quoi qu’il en coûte.
Cette opposition prendra différentes formes :
depuis le refus jusqu’à l’affrontement
en passant par la mise en cause,
la contestation, la protestation
l’interpellation
plus ou moins violente,
la contradiction et le reproche...
ce qui est perçu par l’un comme une violence
insupportable est désigné par l’autre comme une
« contestation » ...ce que nous avons un
jour vécu comme un
affrontement
peut
nous paraître
, plus tard, une simple mise en cause....
C’est bien connu : plus on est fragile, moins
on supporte la critique. Il convient
donc de nommer le plus
exactement possible,
à l’intérieur
de cette famille
de mots, celui qui correspond
à ce que nous sommes capables
de mettre en oeuvre pour le moment :
de la timide mise en cause d’autrui
jusqu’à la confrontation
claire et nette,
il y a tout
un
chemin
à parcourir mais
dès les premiers pas, il s’agit
déjà d’exercer le pouvoir humain
de s’affirmer face
à l’AUTRE.
000
L Basset
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